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Haute Couture FW17/18 Jour 2 : Hommage et Business

Alors que Martin Margiella, perd sa cofondatrice, Jenney Meirens, ce sont d’autres disparitions qui hantent cette deuxième journée. La disparition de l’audace, la disparition d’une mode déliée de l’argent, la disparition de l’illusion. Il existe une différence entre performer ce qui a été nouveau et faire le renouveau. Des collections de qualités, dans des décors entre savanes et jardins romantiques qui n’ont rien de funèbre. Pourtant entre les fantômes qui hantent les créateurs et les ombres du business qui s’affichent sur le Front Row, la Haute-couture semble quelque peu solennelle.

Contré l’hommage, c’est s’en saisir comme un mode de réconfort, puis le transcender. Comment te dire merci, comment te dire adieu ? Une question que Maria Grazia Chiuri  prononce , une question que Hyun Mi Nielsen dépasse, une question que Iris Van Harpen contourne.


Un hommage cadré dans un décor sauvage chez Dior

Quand Monsieur Dior s’en est allé, c’est toutes une foule d’inquiétudes qui sont nées. Fin de la haute-couture, fin de la mode…Yves Saint Laurent reprend les reines avec brillo, et depuis la maison n’a cessé de se réinventer. Chaque designer livre sa lecture de Monsieur Dior : pour Maria Grazia Chiuri c’est un retour au gris; ce gris Dior caractéristique de la première période du New Look de 1949.

Un gris d’après guerre qui dialogue avec le romantisme du plumetti et du tulle. Sous les longues robes manteaux et les capes fluides des robes légères annoncent des jours meilleurs. Une émancipation à venir. Émancipation des fantômes du passé ? ou reflet d’une époque qui doute ?

Dior

Folk et Haute-couture : un hommage hybride à la mode

Invitée officielle du calendrier, Hyun Mi Nielsen présente une deuxième collection qui rend hommage de manière effrontée, aux codes de la haute-couture. Loin de la rejeter, la créatrice lui rend hommage : travail des broderies, du tulle du taffeta. Des robes trapèzes, des silhouettes romantiques. Aucuns modèles n’est simple : tous sont ambivalents, comme la femme moderne que la créatrice habille. Affichées plutôt que cachées, les contradictions se traduisent dans des robes en jean, des imprimés serpents ou des soutiens-gorge pointus Une note d’érotisme qui insuffle la Haute-couture d’une nouvelle vie.  » La transition de la haute-couture dans le day wear »  : équation qui trouve son équilibre.

Hyun Mi Nielsen

On se fait des cheveux gris, et on rit jaune au premier rang

Chez Giambatitista Valli les couleurs poudrées, transcendées par des jaunes solaires drapent les mannequins. Une collection fleurie, telle l’annonce de l’éclosion d’un nouveau partenariat:  Giambatitista Valli a signé un accord avec Artémis, la société d’investissement du groupe de luxe Kering. ( François Pinault)

De son côté, il paraît que Bernard Arnault était tenu inaccessible pendant le défilé Dior. Aucun journalistes, aucun contact. Dans son coin de la savane, le lion gris Dior, pouvait jouir de l’acquisition de Christian Dior Couture. Jusqu’à présent Christian Dior couture n’était  pas entièrement détenu par LVMH. L’entreprise familiale prolifère.

Giambatitista Valli

Des nymphes juvéniles, ont rencontré des femmes audacieuses . Broderie et tulle, guerre et sentiment . Argent, finance, lutte et émancipation : une journée chez les soeurs Brontë.