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Coup de chaud sur l’Arctique

by Woesland
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Jusqu’au 6 février à Kirkenes, au  nord de la Norvège, à proximité de la frontière russe et de la mer des Barents, l’édition 2011 du BarentsSpektakel, un cocktail vitaminé de politique et de culture, dynamite la question des frontières réelles comme artistiques.  L’enjeu : réveiller l’Arctique avant qu’il ne fonde!

 Photos Bernt Nilsen – Barents Spektakel 2011

Nuit polaire, chaleur humaine. Il est à dix-huit heures de l’après-midi, la nuit est déjà tombée depuis quelques heures, une foule se rassemble sur la place centrale de Kirkenes pour assister à l’inauguration du festival BarentsSpektakel. C’est la compagnie de rue – Titanick qui ouvre le bal de cette nuit polaire avec sa Furnace Symphony. Cogner contre des tubes de fer rouillés, laisser échapper la fumée après avoir lancé des flammes dans le ciel noir, frénésie de ryhtmes et bruits de machines à faire du feu, tous les ingrédients sont là pour créer un lien entre le passé industriel de Kirkenes et l’avenir prospère de la ville qui semble se profiler. Au balcon, la Reine Sonia de Norvège et les officiels de la ville. Sa présence marque l’importance particulière que revêt l’édition 2011 du festival. 

Kirkenes. La ville de Kirkenes a en effet beaucoup fait parler d’elle au printemps dernier. Et pour cause… Cette bourgade de dix mille habitants a de fortes chances de devenir la capitale de l’Arctique. La Russie et la Norvège sont enfin parvenues à un compromis sur leurs frontières maritimes ouvrant la porte à l’exploitation du pétrole (une des plus grosses réserves du monde) qui gise dans les profondeurs de la mer des Barents. Le réchauffement climatique créant de nouveaux couloirs de circulation, et Kirkenes, étant le seul port en eaux profondes de la région, tous les atouts semblent réunis pour que la petite ville qui grandit devient un futur carrefour d’échanges mondial.

Arctique, le nouvel Eldorado. Dès lors des questions « brûlantes » surgissent des glaciers : comment préserver l’Arctique, territoire encore préservé des dangers d’une sur-exploitation pétrolière et minière? Comment penser en termes de développement durable alors que les enjeux économiques et géographiques feront de plus en plus pression sur les choix politiques?  C’est parce que certains ont cru à la force de l’art, à sa capacité de mobilisation de l’opinion publique, c’est parce que certains ont défendu l’idée de créer un bien culturel commun à une région composée d’une partie de la Norvège, de la Russie, de la Finlande et de la Suède  que peut-être, il ne sera pas trop tard pour agir en responsable.

Les Filles sur le pont. Utopie ou pas, c’est en tout cas l’objectif que se sont données les Filles sur le pont.  C’est sous le nom d’un célèbre tableau de Edward Munch, peintre national norvégien, que s’est créée en 1996 à Kirkenes, une entreprise culturelle de producteurs et de mécènes, prêts à relever le défi d’amener le monde aux Barents et les Barents dans le monde. Les Filles sur le pont ont donc lancé des séries de rencontres artistiques “traversant les frontières” et qui sont aujourd’hui, comme le festival BarentsSpektakel, la manifestation d’un lien fort qui unit les pays frontaliers, en particulier la Norvège et la Russie.

BarentsSpektakel 2011. Avec pour thème Mind the Map (Attention à la carte), clin d’oeil à Mind The Gap (attention à la marche),  la programmation de l’édition 2011 s’inscrit dans la contintuité de cette volonté de transfrontiéralité. Exemples : un spectacle comme Artic Score  va proposer une confrontation entre les sports traditionnels russes, finlandais et norvégiens et leurs musiques traditionnelles. L’exposition Mind the map (Attention à la carte) va redessiner la carte de l’Arctique, en particulier l’installation Artic Conquistadors d’Olga Kisseleva qui dénonce la conquête du territoire par les multinationales.

artic conquistadors 2011 - olga kisseleva

Si les risques de destuction de ce territoire sont bien réels, si les angoisses climatiques sont perceptibles, si les appréhensions face aux changements du monde et aux forces économiques sont sous-jacentes, il n’empêche que pendant une semaine à Kirkenes, l’Articque est sur toutes les lèvres, dans tous les coeurs. Et l’on se prend à espérer.

 Par Odile Woesland, en direct de Kirkenes.

www.barentsspektakel.no

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