
Certaines boutiques finissent par disparaître faute de client. Les halls de gare deviennent alors des lieux d’ennui. De ces disparitions de boutiques et de ces ennuis quotidiens peuvent naître de bonnes idées. Des idées qui redonnent vie à ces lieux morts. Comme cette ancienne boutique de jeux vidéo de la Gare Haussmann Saint-Lazare du RER E qui est devenue lieu d’exposition, afin d’emmener la culture vers ceux qui n’ont pas le temps d’aller elles.
A l’occasion de la seconde édition de leur concours photographique Paroles Photographiques, Actuphoto a mis en place un partenariat avec la SNCF pour présenter les images du concours au plus grand nombre. Cette exposition, qui s’est tenue du 07 mai au 05 juin 2010, a révélé cinq points de vue différents traitant de façon remarquable l’engagement en photographie. Les thèmes de la perception de l’avenir pour les prisonniers, du massacre des albinos en Tanzanie, de l’androgynie, de l’exil afghan ou encore de l’antonymie de la pudeur y ont été abordés à travers cinq regard puissants mais tellement humains où prédominent le noir et blanc.

Ces ateliers ont pour but de mettre le détenu face à la perspective de sa sortie de prison et imaginer son demain sous un angle inhabituel. Et ainsi le considérer et le faire se considérer non pas comme détenu mais plutôt comme une future personne libre. Ainsi à l’image des trois Nornes, les tisseuses de vie, Dorothy les amène à prendre conscience des liens et des passerelles existantes entre le passé, le présent et le futur. Pour Dorothy : »… L’art raccorde l’intime-intérieur au monde extérieur. La prison prive l’homme de liberté pendant un temps jugé. L’art pour liberté nouvelle et parallèle à celle dont il est privé. »

Depuis 2007, plus de 47 personnes souffrant d’albinisme ont subi des amputations à la machette de jambes ou de bras. Les membres sont ensuite vendus aux sorciers, un corps entier d’albinos pouvant valoir jusqu’à 10 000 $. Franck Vogel a choisi le noir et blanc accentuant les contrastes et renforçant parfois l’impression de malaise engendrée par le sort réservé à cette minorité, ayant souvent des problèmes de vue, condamnée la plupart du temps au chômage et à la pauvreté quand elle ne décède pas d’un cancer de la peau.

Pantins humanisés, on sent comme un désespoir dans leurs regards et une certaine résignation. On aperçoit ici une caméra, en substitut phallique, essayer d’attraper l’intimité dans sa crudité. On imagine là le reste d’une scène coupée en deux. Le photographe a réussi son pari, rendre de l’intimité à un milieu qui n’en a pas.


Le photographe a lui aussi privilégié le noir et blanc pour nous faire découvrir leur quotidien de clandestin entre scènes de le vie quotidiennes et scènes plus intimes. On ressent l’attente, leur attente et aussi leurs désillusions d’une liberté promise mais si lointaine. Et puis l’inattendu se produit enfin. Les voilà enfin en Angleterre vivant une vie quasi-normale (travail, maison..) mais avec l’angoisse de voir leur rêve brisé par un simple contrôle de papier.
Crédit photos : © Actuphoto
Marie-Odile Radom
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