À Paris, la marque textile Tigra Tigra a présenté sa Collection 19 et une capsule signée avec l’artiste Cassi Namoda, prolongeant une décennie de dialogue créatif entre la designer Bailey Hunter et les artisans du Gujarat.
Une collection née d’un court-métrage imaginaire
Brocart de soie tissé à la main, fleurs perlées couleur menthe, fils métalliques embossés : la Collection 19 de Tigra Tigra prend forme dans une zone humide tropicale, la nuit la plus chaude d’un été de mousson. Inspirée d’un court-métrage écrit par la designer Bailey Hunter, la saison démarre par un personnage plutôt que par une planche tendance — ce qu’elle porte devient un point de départ, des vêtements pensés pour se mouvoir dans une chaleur dense, longtemps après la tombée de la nuit.
Le mashroo, textile satiné tissé à la main dont l’origine remonte au XIVe siècle, traverse toute la collection : décliné en aqua vif et mangue, en pantalons marron chocolat parsemés de perles menthe, en robes finies au travail du métal kasab et aux poches bordées de tikki doré. Des brocarts de soie légers tissés de zari métallique embossé, teints en vert péridot, pêche métallique et argent, complètent une palette empruntant au septième art — les verts saturés et rouges adoucis d’In the Mood for Love de Wong Kar-wai infusent la soie d’une lueur envoûtante.
Une capsule née d’une amitié de plus d’une décennie
Aux côtés de la Collection 19, la marque a dévoilé une capsule collection fruit d’une collaboration entre l’artiste Cassi Namoda et Bailey Hunter — la rencontre de deux amies dont le dialogue créatif s’est développé sur plus de dix ans. Liées par une appréciation profonde de la couleur, de la matérialité et de la beauté des objets faits main, les pièces reflètent une révérence commune pour l’artisanat et le geste de l’artisan. Les vêtements interprètent également le langage visuel développé à partir de l’exposition 2025 de Namoda, Night Always Returns, présentée à la galerie 303.
Au-delà du vêtement, la saison introduit des courtepointes en mashroo de soie tissée à la main combinant le bandhej indien aux techniques japonaises itajime et shibori, ainsi qu’une ligne de linge de table en soie frangée, de sets de table imprimés au bloc et de serviettes brodées main — une extension de la même sensibilité vers l’univers domestique.
Un studio ancré dans les communautés artisanales du Gujarat
La création de Tigra Tigra est portée par Bailey Hunter et développée au studio de la marque à Ahmedabad, dirigé par Smita Patel. Formée au design textile et aux arts visuels à la Parsons School of Design de New York, Bailey Hunter a travaillé pour une ONG basée au Gujarat auprès de communautés artisanales de Bhuj et d’Ahmedabad avant de fonder son propre studio — un ancrage qui distingue Tigra Tigra des maisons qui traitent l’artisanat comme un simple argument marketing plutôt que comme une méthode de travail durable.
Portées récemment par Solange Knowles, Clairo et Dree Hemingway, les pièces de la marque sont distribuées chez des adresses pointues comme Café Forgot à New York, Bona Drag à Los Angeles ou Mr Larkin entre Houston et Copenhague — un réseau de diffusion resserré qui confirme la reconnaissance d’un cercle d’initiés plutôt qu’une stratégie de volume.






































































Tigra Tigra, Collection 19, présentée à Paris le 24 juin 2026, avec capsule collection Cassi Namoda x Bailey Hunter. Textile signature : mashroo tissé main. Studio basé à Ahmedabad, direction Smita Patel.
En construisant sa collection à partir d’un personnage de fiction plutôt que d’une simple palette saisonnière, Tigra Tigra confirme que sa singularité tient autant à la narration qu’au savoir-faire textile qu’elle défend depuis plus d’une décennie.
