Au Crillon, Manolo Blahnik rhabille le goûter de Marie-Antoinette

by PASCAL IAKOVOU
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Du 3 septembre au 22 novembre 2026, l’Hôtel de Crillon rouvre son Tea Time Marie-Antoinette au Jardin d’Hiver. La légende veut que la jeune reine ait pris des leçons de piano dans le salon qui porte aujourd’hui son nom : c’est cette mémoire précise, plus qu’un décor XVIIIe siècle générique, que le Palace choisit de faire revivre, cette année aux côtés du créateur Manolo Blahnik.

Une reine qui a vraiment habité les lieux

Peu de Palaces parisiens peuvent revendiquer un lien aussi direct avec Marie-Antoinette que l’Hôtel de Crillon, place de la Concorde. Le rendez-vous gourmand imaginé par l’établissement ne convoque donc pas une figure d’apparat, mais une présence historique documentée dans ces mêmes murs. C’est cette continuité, plutôt qu’un simple habillage thématique, qui donne son épaisseur au Tea Time Marie-Antoinette.

Pour cette édition, le Crillon associe à l’expérience le créateur Manolo Blahnik, dont l’œuvre entretient depuis longtemps un dialogue avec l’esthétique de la reine — il avait notamment imaginé les souliers du film Marie-Antoinette de Sofia Coppola en 2006. Fondateur d’une maison de plus de cinquante ans d’existence, aujourd’hui dotée de son propre atelier de production à Vigevano, en Italie, et présente dans plus de deux cent soixante-dix des plus grands détaillants de luxe au monde, Manolo Blahnik apporte à ce goûter une dimension couture qui dépasse le seul registre pâtissier.

Le chocolat que la reine aimait

La carte, signée par le chef pâtissier Matthieu Carlin, ne se contente pas de citer le XVIIIe siècle : elle le réinterprète à travers des goûts documentés de la souveraine. Le chocolat, qu’elle appréciait particulièrement, se retrouve dans une Gaufre Marie-Antoinette en brioche feuilletée, accompagnée d’un praliné noisette maison. Les fruits de saison complètent la sélection avec une figue à la cardamome verte et une myrtille aux amandes, tandis qu’un Saint-Honoré à la vanille grillée vient rappeler les fondamentaux de la pâtisserie française.

Ces créations sont servies dans la collection Marie-Antoinette de la Faïencerie de Gien, choix qui prolonge la cohérence historique de l’ensemble plutôt que de la limiter à l’assiette. Côté accord, le Crillon a retenu Rare Champagne, une maison dont la création même remonte à un hommage à la reine : en 1785, Florens Louis Heidsieck avait conçu une cuvée « digne d’une reine ». Le millésime 2014 de Rare Rosé, à la palette de roses, de violettes et de fruits rouges, sert d’écho à cette origine.

Un rendez-vous, deux prix

Le Tea Time Marie-Antoinette se tient du jeudi au dimanche, du 3 septembre au 22 novembre 2026, au Jardin d’Hiver de l’Hôtel de Crillon, A Rosewood Hotel. Deux formules sont proposées : 108 euros par personne avec un verre de thé pétillant BLÅ de Sparkling Tea, ou 138 euros par personne avec un verre de Rare Champagne Rosé millésime 2014.

En associant la pâtisserie de Matthieu Carlin au regard de Manolo Blahnik, le Crillon ne cherche pas tant à recréer un XVIIIe siècle de carte postale qu’à faire dialoguer deux savoir-faire contemporains autour d’une même figure historique. Ce que le Palace propose, place de la Concorde, ressemble moins à une reconstitution qu’à une conversation entre deux artisanats séparés de deux siècles et demi, mais réunis par le même goût du détail.

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