Home Food and WineCheval Blanc Paris Palace 2026 : architecture Marino, artisanat et six étoiles Michelin dans la Samaritaine

Cheval Blanc Paris Palace 2026 : architecture Marino, artisanat et six étoiles Michelin dans la Samaritaine

by pascal iakovou
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TRIAGE — ÉTAPE 1

BON GRAIN

Architecture et cadre bâti

  • Bâtiment de la Samaritaine, Monument Historique — architecture Art déco conçue par Henri Sauvage, voilà près d’un siècle
  • Cinq ans de travaux
  • Architectes : Peter Marino (intérieur — première création hôtelière, 16 000 m²) et Édouard François
  • Façade : motifs rectilignes «Parquet de glace», médaillons hexagonaux à décors floraux stylisés, épines métalliques dorées, baies vitrées du sol au plafond
  • Citation de Peter Marino : «À Cheval Blanc Paris, vous sentirez toute l’énergie et le dynamisme qu’apporte le présent. Vivre l’instant, intensément.»
  • Œuvre en façade : Jean-Michel Othoniel, «Les Fleurs de la Passion», bas-relief de 17 mètres en métal, verre et or — citation : «Cheval Blanc Paris est une maison empreinte de poésie dans laquelle l’art et la vie se mêlent.»

Intérieur — artisanat et matériaux documentés

  • Une vingtaine de marbres, cuirs, parchemins, peintures patinées à la main
  • Lithographies de Sonia Delaunay sur bois de citronnier
  • Toile bleue de Georges Mathieu — salon d’accueil
  • Garde-corps d’escalier commandé à Claude et François-Xavier Lalanne
  • Mur de marqueterie de paille — Lison de Caunes, brins assemblés un à un, bord à bord
  • Suspensions et lampes de chevet en marbre et plâtre — Philippe Anthonioz
  • Bar en fonte — Ingrid Donat
  • Tissages métalliques — Sophie Mallebranche
  • Mobilier sculptural — André Dubreuil
  • Lustre — Laurence Montano

Capacité et espaces

  • 72 clefs : 26 chambres et 46 suites
  • Chambres à partir de 45 m² — toutes dotées d’une baie vitrée
  • Jardin suspendu au 7ème étage : 650 m²
  • Piscine : 30 mètres (hôtel) + 12,5 mètres (l’Appartement)
  • L’Appartement : 1 000 m², 8ème et 9ème étages, 7 chambres, terrasse panoramique, salle de projection
  • Club privé : 65 membres

Gastronomie — chefs identifiés et données vérifiables

  • Arnaud Donckele : chef de Plénitude (1er étage) — trois étoiles Michelin 2022 ; «cuisinier de l’année» Gault&Millau 2020 ; également chef de La Vague d’Or à Cheval Blanc St-Tropez (trois étoiles Michelin 2013) — citation : «Les ingrédients essentiels d’une recette de cuisine sont le cœur et l’affection : cuisiner est un acte d’amour, de générosité.»
  • Maxime Frédéric : chef pâtissier, originaire de Normandie, spécialité blé et farine
  • Le Tout-Paris (7ème étage) : brasserie, une étoile Michelin 2024
  • Hakuba (rez-de-chaussée) : japonais, deux étoiles Michelin ; concept Omakase — chef Takuya Watanabe ; sommellerie sakés par Emmanuel Cadieu
  • Langosteria (7ème étage) : restaurant italien — Enrico Buonocore, référence gastronomique italienne depuis 2007 ; produits en approvisionnement direct producteurs
  • Total : quatre restaurants dont un à trois étoiles, un à deux étoiles, un à une étoile

Parfum et uniformes

  • Parfum d’ambiance : François Demachy, ancien Nez de Parfums Christian Dior — deux fragrances inédites, «poudrée et boisée» — citation : «Comment interpréter Paris à travers un parfum ? Voilà la question que je me suis posée. Et très vite, l’idée de faire deux fragrances s’est imposée tant la ville est multiple.»
  • Uniformes : Patou par Guillaume Henry ; coloris taupe, marine et noir ; boutons et doublures motif Parquet de glace
  • Soins en salle de bain : flacons Art déco, deux shampoings et masques exclusifs Leonor Greyl

Événement déclencheur

  • Distinction Palace décernée le 2 juin 2026 par Atout France — même jour que Bvlgari Hotel Paris et Royal Champagne Hotel & Spa
  • Cheval Blanc Paris rejoint Courchevel, St-Tropez et St-Barth au sein de la collection Cheval Blanc déjà Palace

IVRAIE écartée

  • L’intégralité des paragraphes «Ode aux sens» et «Tous les égards» : rhétorique d’ambiance, aucune donnée factuelle
  • Citation de Wilfried Morandini : formule institutionnelle sans contenu exploitable
  • «Un joyau aux mille facettes», «un fil conducteur du repas», «des pâtisseries comme des sourires» — images creuses

FORMAT — ÉTAPE 2

Ce dossier est le plus dense traité dans cette session. Il contient : des noms d’artisans identifiés avec gestes documentés (Lison de Caunes, Sophie Mallebranche, Ingrid Donat), des architectes nommés, des citations de créateurs non issus du service de presse (Peter Marino, Jean-Michel Othoniel, François Demachy, Arnaud Donckele), des données métriques précises et une constellation gastronomique chiffrée. Le format Le Lieu s’impose (800–1 200 mots), avec densité de matière suffisante pour tendre vers la borne haute. L’angle n’est pas la distinction Palace — c’est le fait qu’un bâtiment classé Monument Historique a servi de cadre à ce qui est probablement la commande artistique et artisanale la plus ambitieuse réalisée dans un hôtel parisien de la décennie.

ANGLE — ÉTAPE 3

Ce que le communiqué ne formule pas : Cheval Blanc Paris est simultanément un hôtel, une galerie d’art et un conservatoire de métiers d’art — le mur de marqueterie de paille de Lison de Caunes, le bar en fonte d’Ingrid Donat, les tissages métalliques de Sophie Mallebranche coexistent avec des acquisitions (Mathieu, Delaunay, Lalanne) dans un ensemble de 16 000 m² pensé par un architecte qui n’avait jamais conçu d’hôtel. La distinction Palace arrive cinq ans après — c’est le moment de mesurer si le pari tenait. Pilier dominant : La Rigueur du Geste (artisanat et commande), fond Soft Power (le retournement d’un grand magasin en palace comme opération symbolique sur le patrimoine parisien).


Dans la Samaritaine : ce que Peter Marino a construit en première création hôtelière

Quand la Samaritaine a rouvert en 2021, après vingt-deux ans de fermeture et cinq années de travaux, Cheval Blanc Paris en occupait les étages supérieurs. Le bâtiment — Monument Historique, façade Art déco d’Henri Sauvage — était là avant tout programme hôtelier. La question posée à Peter Marino, à qui le groupe LVMH confiait là sa première création d’hôtel sur 16 000 m², était de savoir ce qu’on fait d’un cadre qui vous précède.

Sa réponse est lisible depuis le quai du Louvre : la façade restaurée à l’identique, avec ses motifs rectilignes baptisés «Parquet de glace» et ses médaillons hexagonaux à décors floraux stylisés, est prolongée vers l’intérieur sans rupture de registre. Les épines métalliques dorées qui capturent la lumière dans les pans de verre fonctionnent comme une nervure visible depuis la rue. Les baies vitrées du sol au plafond, dans les 72 chambres comme dans les restaurants, rendent la continuité dedans-dehors aussi physique que programmatique. Éric Fratty, Directeur de Design et Construction, le dit sans emphase : «Toutes les chambres bénéficient d’une vue spectaculaire et d’une même attention aux détails.»

Les 26 chambres et 46 suites commencent à 45 m² — toutes avec baie vitrée sur Paris ou sur la Seine. Au 7ème étage, 650 m² de jardin suspendu permettent un horizon à 360 degrés. À l’arrière du bâtiment, l’Appartement déploie 1 000 m² sur les 8ème et 9ème étages, avec piscine privative de 12,5 mètres et salle de projection.

Ce qui distingue l’intérieur de Marino n’est pas la surface, mais la décision de traiter l’hôtel comme un intérieur de collectionneur plutôt que comme un programme décoratif. Les lithographies de Sonia Delaunay sont accrochées sur du bois de citronnier. La toile bleue de Georges Mathieu occupe le salon d’accueil. Le garde-corps de l’escalier de l’Appartement a été commandé spécifiquement à Claude et François-Xavier Lalanne. Ce ne sont pas des œuvres choisies par comité : chaque pièce documente une relation directe entre l’architecte et le créateur.

La commande artisanale est la partie la moins visible et la plus rigoureuse de l’ensemble. Lison de Caunes a réalisé un mur entier en marqueterie de paille — brins assemblés un à un, bord à bord, technique héritée du XVIIème siècle. Philippe Anthonioz a conçu la collection de suspensions et lampes de chevet en marbre et plâtre. Le bar est en fonte d’Ingrid Donat. Les tissages métalliques qui habillent certaines parois sont de Sophie Mallebranche. Ces gestes ne s’improvisent pas : chaque pièce suppose des semaines de travail, un atelier, une technicité qui n’appartient qu’à son auteur.

Jean-Michel Othoniel a pris en charge la façade extérieure. «Les Fleurs de la Passion», bas-relief de 17 mètres en métal, verre et or, dialogue avec les mouvements Art nouveau et Art déco du bâtiment original. Il note : «C’est un lieu qui fait confiance aux artistes.» La formule résume assez bien le projet.

L’offre gastronomique a été construite avec la même logique de commandes précises à des personnalités identifiées. Arnaud Donckele, «cuisinier de l’année» Gault&Millau 2020, dirige Plénitude au 1er étage — trois étoiles Michelin depuis 2022, autour d’une philosophie des sauces vieillie et fermentées qu’il appelle ses «Absolues» : sabayons, veloutés, consommés mis en pots spécifiquement, traités non comme accompagnement mais comme architecture d’un plat. «Cuisiner est un acte d’amour, de générosité», dit-il. La cuisine de Donckele est aussi celle de La Vague d’Or à Cheval Blanc St-Tropez, trois étoiles depuis 2013 — deux établissements Palace, un chef.

Maxime Frédéric, Normand comme Donckele, supervise l’ensemble de l’offre sucrée : sa spécialité est le blé et la farine. Au 7ème étage, Le Tout-Paris tient une étoile Michelin depuis 2024. Hakuba, en rez-de-chaussée, en réunit deux : restaurant japonais en format Omakase, conduit par Takuya Watanabe avec la participation de Donckele pour les sauces, accompagné d’Emmanuel Cadieu pour les accords sakés. Langosteria d’Enrico Buonocore — référence de la gastronomie italienne depuis 2007 — occupe le 7ème étage avec un approvisionnement direct producteur. Quatre restaurants, six étoiles Michelin dans un seul bâtiment : c’est, à Paris, une concentration sans équivalent.

Deux fragrances inédites parcourent la Maison — toutes deux conçues par François Demachy, ancien Nez de Parfums Christian Dior. «La ville est multiple», dit-il. L’une est poudrée, l’autre boisée. Les flacons Art déco en salle de bain reprennent les lignes du bâtiment. Les uniformes, signés Patou par Guillaume Henry, jouent taupe, marine et noir avec des doublures au motif Parquet de glace — le même que la façade.


Détail — La marqueterie de paille de Lison de Caunes Technique classée au patrimoine immatériel, la marqueterie de paille connaît un renouveau par une poignée d’ateliers, dont celui de Lison de Caunes. Chaque brin est fendu, aplati et assemblé à la main sur un fond rigide. Le résultat est une surface à la fois minérale et végétale, dont l’éclat change selon l’angle de la lumière. Lison de Caunes figure parmi les rares artisans à maîtriser les grands formats contemporains dans cette technique.


Le 2 juin 2026, Cheval Blanc Paris décroche la distinction Palace — le même jour que Bvlgari Hotel Paris. Il rejoint les autres établissements de la collection déjà récompensés à Courchevel, St-Tropez et St-Barth. La distinction sanctionne cinq ans d’exploitation. Ce qu’elle mesure réellement, c’est si un pari aussi chargé — transformer un grand magasin classé en palace en confiant l’intérieur à un architecte sans expérience hôtelière — tenait sur la durée. Le bâtiment d’Henri Sauvage avait cent ans de mémoire commerciale dans ses pierres. Peter Marino en a fait autre chose. Paris attendait de voir combien de temps ça tiendrait.

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