Vingt-cinq ans après son apparition, la spirale B.zero1 ne se contente pas de persister — elle s’adapte. En 2026, la Maison Bvlgari ne réinvente pas son motif, elle le déplace. D’un symbole architectural à une structure mobile, pensée pour suivre les gestes contemporains.
L’enjeu n’est plus l’icône. C’est l’usage.
Née en 1999, la bague B.zero1 s’inspire directement des volumes des colonnes romaines — empilement, rythme, tension verticale. Une construction réduite à l’essentiel : des lignes géométriques, une répétition spiralée, et cette capacité rare à exister sans ornement superflu.
Ce socle formel n’a pas changé. Ce qui évolue, en revanche, c’est sa manière d’habiter le corps.
En 2026, neuf nouvelles pièces viennent prolonger cette grammaire, dont un bracelet jonc, un pendentif semi-pavé et des créoles. Le point commun n’est pas esthétique — il est structurel : la fusion entre la spirale B.zero1 et la technique Tubogas.
Le Tubogas, historiquement utilisé par Bvlgari depuis les années 1940, repose sur un assemblage sans soudure apparente. Des bandes métalliques sont enroulées sur elles-mêmes pour créer une structure souple, capable d’épouser les mouvements sans rigidité. Ici, cette technique ne sert pas uniquement le confort. Elle transforme la spirale en mécanisme.
Le bracelet jonc en est l’expression la plus lisible. La spirale n’est plus seulement visible — elle devient fonctionnelle. Un système de fermeture invisible est intégré au motif central, qui agit simultanément comme élément graphique et comme fermoir.
Ce glissement est discret, mais décisif : le décor devient structure.
Autre évolution, plus silencieuse : la question de l’échelle. Le jonc adopte des dimensions plus contenues, favorisant la superposition. Le pendentif, quant à lui, travaille les proportions — volume réduit, pavage de diamants en bordure — pour introduire une diffusion de la lumière plutôt qu’un point focal.
Les créoles prolongent cette logique. Leur dessin reprend les codes de la spirale, mais les étire dans une forme circulaire continue, pensée pour être portée seule ou en paire. Une modularité assumée.
Or blanc, jaune ou rose : la palette reste classique. Mais c’est moins le matériau que la combinaison qui importe. Chaque pièce est conçue pour coexister avec les autres — accumulation, dissociation, rythme personnel.
Ce que B.zero1 formalise ici dépasse la joaillerie. C’est une manière de penser l’objet comme système ouvert.
Dans un contexte où les usages se fragmentent — journées hybrides, mobilités constantes — la pièce doit s’adapter sans se transformer. D’où cette idée de polyvalence structurelle : une forme stable, mais des usages multiples.
Bvlgari ne cherche pas à renouveler son icône par rupture. La stratégie est plus lente. Elle consiste à injecter de la flexibilité dans une architecture rigide, à faire circuler le mouvement dans une forme conçue pour durer.
Une spirale, au fond, n’est jamais fermée. Elle avance.


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