Maison Issey Miyake ajoute une concentration Parfum à sa gamme marine. Le flacon passe du blanc au brun profond, la formule fait entrer le safran et l’ambre face à l’algue. Reste à savoir ce que « plus intense » désigne, la Maison ne donnant aucun taux de concentré.
Sur le papier, le projet tient en une phrase : prendre une eau marine et la rapprocher de la roche. Le parfumeur Quentin Bisch, qui signe la composition, décrit selon la Maison une volonté d’approfondir le contraste. Les facettes marines gagnent en netteté. L’ambre gagne en profondeur et en texture. Le point de contact entre les deux mondes doit se sentir.
La partie « mer » reprend la signature de la gamme : un accord salin, de l’extrait d’algue laminaire, de la mousse de chêne, des notes aqueuses. La partie « terre » est nouvelle. Un accord safran, dont la facette cuirée transforme la signature salée, en occupe le cœur. Le patchouli structure l’ensemble, un accord ambré en prolonge la tenue. Le rapport entre ces deux versants constitue le propos de la concentration.
Le flacon dit la même chose, à sa manière. Tokujin Yoshioka, qui avait dessiné le flacon de la gamme, le reprend en sel noir « fumé » : bouchon noir brillant, verre à dégradé brun, étui brun profond au fini mat, lettrage argent, texture évoquant des cristaux de sel. La campagne, signée Marcus Tomlinson, prolonge le procédé de la précédente. Le réalisateur et photographe britannique y visualise le son par la cymatique. Des grains de sel y vibrent au rythme du safran et des bois sombres, avec des éclats de rouge, et le passage du sel blanc au sel noir sert de symbole à l’intensité.
C’est le point à retenir. Dans cette gamme, la concentration se raconte par la teinte avant de se mesurer : le blanc pour l’Eau de Toilette, un dégradé pour l’Eau de Parfum, le brun pour le Parfum. C’est cohérent et lisible. Mais la Maison qualifie cette version de plus intense, plus concentrée et plus vibrante « à ce jour » sans en donner de mesure : ni taux de concentré, ni indication de tenue. L’absence de preuve ne permet pas de dire que la promesse est fausse. Elle permet de dire qu’elle n’est pas établie.
Les engagements environnementaux sont annoncés avec leurs périmètres, ce qui est plus rare. Formule fabriquée en France, déclarée vegan, composée à 92 % d’ingrédients naturels dont la mousse de chêne, avec un ingrédient recyclé issu de feuilles de patchouli. L’alcool est d’origine naturelle et de production française. Le verre contient 20 % de matière recyclée, bouchon exclu. L’étui incorpore 10 % d’algue recyclée d’origine naturelle. Tous ces chiffres restent déclaratifs : ni le certificateur du label vegan ni la norme de calcul des 92 % ne sont indiqués.
Au final, Le Sel d’Issey Parfum est un objet cohérent dans son dessin et dans sa composition annoncée. Son intensité reste à éprouver sur peau, et c’est elle qui décidera si le brun du flacon tient sa promesse.
Matériaux annoncés : verre à 20 % de matière recyclée (bouchon exclu) ; étui à 10 % d’algue recyclée d’origine naturelle ; formule à 92 % d’ingrédients naturels, avec ingrédient recyclé issu du patchouli. Données déclarées par la Maison.

































































