À Monaco, la fin de l’été ne signe pas la fermeture des terrasses. Monte-Carlo Société des Bains de Mer met en scène cinq adresses aux identités volontairement dissemblables, comme autant de façons de prolonger la saison.
Maona Monte-Carlo convoque les saveurs et l’esprit des Cyclades, quand Elsa Marcel Ravin, sous la houlette d’un chef étoilé, célèbre une cuisine méditerranéenne construite autour des produits de saison, face à la mer. Em Sherif Monte-Carlo transporte ses hôtes jusqu’à Beyrouth à travers mezzés et grands classiques de la cuisine libanaise, tandis qu’à La Vigie, le chef Zanoni compose une cuisine italienne généreuse dans un décor suspendu entre ciel et mer. COYA Monte-Carlo referme cette sélection sur un registre plus festif, avec ses saveurs péruviennes, ses cocktails au pisco et ses soirées qui étirent la saison bien au-delà du calendrier officiel
Ce choix de mettre en avant cinq registres culinaires aussi éloignés, du grec au péruvien en passant par le libanais et l’italien, dit quelque chose de la stratégie de Monte-Carlo Société des Bains de Mer : plutôt que de miser sur une identité gastronomique unique, le groupe préfère multiplier les récits, chacun capable de capter un type de clientèle et un moment de la journée différents. L’apéritif face à la mer n’appelle pas la même table que le dîner festif prolongé jusqu’au bout de la nuit.
Cette diversité assumée s’inscrit dans un contexte où la Riviera cherche, comme d’autres destinations méditerranéennes, à étirer sa saison au-delà des mois de juillet et août. La programmation de ces cinq tables pour la rentrée n’est donc pas seulement un geste de communication : elle traduit une évolution plus profonde de la clientèle monégasque et internationale, désormais moins concentrée sur les pics de fréquentation estivale et plus attentive à une offre continue, capable de justifier un déplacement même une fois la haute saison retombée.
Pour un groupe hôtelier et de restauration aussi identifié à l’image du Rocher que Monte-Carlo Société des Bains de Mer, ce choix de la pluralité culinaire répond aussi à une nécessité concurrentielle. Les grandes maisons monégasques ne sont plus seules à se disputer une clientèle internationale volatile, qui compare désormais Monaco à d’autres destinations méditerranéennes ou moyen-orientales sur des critères d’offre gastronomique autant que de standing hôtelier. En important des cuisines identifiées, libanaise, péruvienne ou grecque, plutôt qu’en se limitant à une déclinaison de la gastronomie française ou italienne attendue sur la Riviera, le groupe cherche à élargir son bassin de séduction bien au-delà de sa clientèle historique.
Reste à savoir si cette stratégie de la table plurielle suffira à faire de septembre un mois aussi couru que juillet sur le Rocher. Le pari, en tout cas, est engagé.













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