Quand le textile devient lumière

by PASCAL IAKOVOU
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Le plus intéressant dans la nouvelle étape d’A-POC ABLE ISSEY MIYAKE n’est pas seulement l’objet final, mais la manière dont la Maison déplace sa grammaire. Avec le projet TYPE-XIII mené avec atelier oi, présenté à Copenhague lors de 3daysofdesign, Issey Miyake prolonge une question ancienne : que peut faire une pièce de tissu lorsqu’elle quitte le vêtement.

La collaboration avec le studio suisse atelier oi donne une forme nette à cette bascule. Dévoilé une première fois à Milan en avril 2025, le projet associait déjà a piece of cloth et a piece of wire. La seconde édition de la série portable O Series, montrée du 10 au 12 juin 2026 à la Gallery 2112, confirme qu’il ne s’agit pas d’un effet de langage. Le textile cesse ici d’habiller pour commencer à structurer la lumière.

C’est ce point qui mérite attention. A-POC ABLE a longtemps travaillé la relation entre tissu et corps, en pensant le vêtement comme système de transformation. Dans le contexte du luminaire, la même logique devient presque architecturale. Les abat-jours ne sont plus seulement des surfaces, mais des volumes actifs qui modifient l’atmosphère. Les nouvelles teintes, inspirées du bois et de la pierre, renforcent cette lecture organique.

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Le partenariat avec atelier oi est cohérent sur le fond. Le studio suisse est reconnu pour son approche transversale, à la croisée du design, de l’architecture et de l’artisanat. Chez Issey Miyake, cette rencontre ne produit pas un simple exercice de co-signature. Elle réaffirme une idée plus essentielle au luxe contemporain : l’innovation peut aussi prendre la forme d’un déplacement de savoir-faire.

Les workshops Steam Stretch prévus pendant l’exposition jouent un rôle important. Ils replacent le processus au centre, fidèle au principe de Making Things revendiqué par le projet. Dans un moment où le design est souvent consommé comme image, montrer la technique redonne de la valeur à la fabrication elle-même.

Pourquoi ce projet compte maintenant ? Parce qu’il accompagne un mouvement plus large, celui des Maisons de mode qui cherchent des extensions crédibles hors du vêtement. Beaucoup s’y essaient par opportunisme ; peu y parviennent avec une langue aussi cohérente. Ici, le luminaire n’est pas un objet dérivé. Il apparaît comme la conséquence logique d’une recherche textile poursuivie autrement.

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Cette publication est également disponible en : English (Anglais)

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