Chez TASAKI, la Haute Joaillerie 2026 s’ouvre sur un objet qui condense plus d’un demi-siècle de recherche perlière. Des perles Mabé de plus de trente millimètres, récoltées plusieurs décennies auparavant dans le golfe Persique, ont été conservées à Kobe jusqu’à trouver leur forme.
Ce temps long donne au collier une valeur moins spectaculaire qu’archivistique : celle d’une matière préservée jusqu’au geste juste.
L’histoire de la perle Mabé occupe une place singulière dans le parcours de TASAKI. En 1970, la Maison met au point la reproduction artificielle de l’huître Mabé, à une époque où les difficultés de culture et le déclin de l’espèce poussaient de nombreux producteurs à l’abandonner. Cette avancée ne relève pas seulement de l’innovation technique. Elle modifie la relation entre conservation, production et création, en donnant à la Maison la capacité de préserver un savoir tout en sécurisant une ressource fragile.
Le collier présenté cette année repose sur quelques perles récoltées lorsque TASAKI exploitait encore sa propre ferme perlière dans le golfe Persique. Leur diamètre, supérieur à trente millimètres, constitue une rareté pour cette variété. La Maison les a conservées pendant des décennies dans son atelier de Kobe. Ce détail est essentiel : il transforme l’Objet en résultat d’une attente, non d’une accélération. Là où la joaillerie contemporaine est souvent sommée de renouveler ses récits à chaque saison, TASAKI rappelle qu’une pièce peut naître d’une décision différée.
Seuls deux colliers ont été réalisés à partir de ces perles. L’un a été acquis avant même son achèvement ; l’autre devient l’unique exemplaire destiné à l’Europe. La composition associe or blanc dix-huit carats, perles Mabé, perles Akoya et diamants. L’enjeu n’est pas d’accumuler les signes de préciosité, mais de construire un cadre suffisamment discret pour laisser apparaître la lumière bombée et solaire de la Mabé.
La collection prolonge cette recherche d’équilibre avec une parure de morganites. Les pierres, taillées en poire et en ovale, sont assorties une à une afin de former une transition chromatique continue. Le choix de diamants gris plutôt que blancs évite de durcir les nuances rosées. Cette décision, attribuée à la créatrice sans que son nom soit précisé, révèle une vraie pensée de la lumière : le diamant ne domine pas la gemme centrale, il règle son intensité.
Un autre ensemble réunit des tourmalines Paraíba sur platine. Les pierres, de formes et dimensions variées, composent une mosaïque souple, conçue pour accompagner les mouvements du corps. La virtuosité y est moins visible dans la quantité de gemmes que dans la capacité à maintenir une impression d’apesanteur malgré leur densité.
TASAKI défend ainsi une vision de la Haute Joaillerie où la technique ne cherche pas l’effet immédiat. La culture de la perle, la sélection gemmologique et la souplesse des montures appartiennent à un même continuum. L’avenir dira si la Maison choisira de documenter plus précisément les artisans, les temps de fabrication et les origines des pierres. Ce serait la suite logique d’une collection dont la force repose précisément sur la mémoire du geste.











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