Un Palace parisien n’a pas toujours besoin d’une grande annonce pour déplacer son imaginaire.
Ici, l’été se joue dans trois matières modestes : le papier, la vanille et la fraise.
Le Royal Monceau – Raffles Paris installe sa terrasse comme une scène éphémère, plus artisanale que spectaculaire.
Depuis le 10 juin 2026, la terrasse et le Bar Long du Royal Monceau – Raffles Paris accueillent deux coupes glacées imaginées par Yazid Ichemrahen, chef pâtissier du Palace et champion du monde de desserts glacés. La précision de l’information est suffisante pour dépasser l’exercice saisonnier : les glaces sont produites sur place grâce à une machine à glace instantanée, afin d’obtenir une texture travaillée à la minute.
Le décor choisit le tournesol comme motif principal. De grandes fleurs en papier, réalisées hors d’échelle, occupent la terrasse à l’entrée de l’hôtel. Le geste est intéressant parce qu’il refuse l’imitation littérale. Le papier n’est ni fleur naturelle ni objet décoratif neutre ; il introduit une fragilité assumée, presque théâtrale, dans un lieu souvent associé à la permanence du Palace.
La première coupe, chocolat, réunit une glace aux deux vanilles, Madagascar et Tahiti, un mi-cuit chocolat, un sablé chocolat fleur de sel, des pécans caramélisés et une sauce au chocolat noir Passionato soixante-deux pour cent. La seconde, fraise, associe la même base de vanilles à une visitandine à la fraise, une brunoise de fraise Anaïs, sa confiture et une sauce à l’eau de fraise. Les prix, vingt-cinq et vingt-huit euros, inscrivent ces Objets dans l’économie précise du Palace : ni dessert de restaurant, ni simple gourmandise de terrasse.
Le Royal Monceau, construit en 1928, rouvert en 2010 après transformation par Philippe Starck et distingué Palace en 2013, possède déjà une identité très attachée aux arts : Art Concierge, Librairie des Arts, galerie, cinéma privé de quatre-vingt-dix-neuf places, collection privée. La terrasse estivale prolonge cette ligne sans la surjouer. Elle transforme l’entrée en installation légère et le dessert glacé en geste de saison.
Ce type de proposition compte parce qu’il révèle une mutation discrète de l’hospitalité de luxe. L’expérience ne se concentre plus seulement dans la suite ou la table gastronomique ; elle se diffuse dans des moments accessibles, presque passagers, qui donnent au lieu une mémoire courte mais désirable. L’été, au Palace, devient une édition limitée.



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