À VivaTech, les investisseurs de Qui veut être mon associé ? ont levé le voile sur QVEMA Amplify, prolongement digital et pédagogique de l’émission. Derrière le format, une question plus profonde : comment transformer l’inspiration entrepreneuriale en méthode concrète ?
De l’écran au terrain
Depuis six saisons, Qui veut être mon associé ? a installé l’entrepreneuriat dans un lieu rare : le prime time. Non plus comme un sujet réservé aux incubateurs, aux levées de fonds ou aux cénacles de la tech, mais comme une conversation familiale. Une discussion de salon, parfois de dîner, autour d’une idée simple : et si, moi aussi, j’essayais ?
À VivaTech, cette mécanique a changé d’échelle. Autour de Michèle Benzeno, Éric Larchevêque, Alice Lhabouz et Jean-Michel Karam, l’émission n’était plus seulement évoquée comme un programme de télévision, mais comme une marque capable de produire son propre écosystème. Son nom : QVEMA Amplify.
La promesse est claire : prolonger l’émotion du plateau dans une méthode disponible toute l’année. Contenus, communauté, accompagnement, bootcamp de douze semaines, environ 100 heures de programme, experts, entrepreneurs passés par l’émission, business coach du plateau : l’ambition consiste à transformer l’élan en progression mesurable.
L’entrepreneuriat comme culture populaire
Le point le plus intéressant n’est pas la plateforme en elle-même. C’est ce qu’elle révèle du moment français.
Pendant longtemps, l’entrepreneur a été regardé avec méfiance. Le mot “patron” portait presque une charge sociale. Qui veut être mon associé ? a contribué à déplacer cette perception : parler de marge, de TVA, de risque, d’argent et de réussite devant un large public n’est plus une anomalie. C’est devenu un récit possible.
QVEMA Amplify pousse cette logique plus loin. L’émission crée l’envie ; la plateforme veut réduire la distance entre l’idée et l’action. Les intervenants l’ont répété sous différentes formes : la peur ne disparaît pas avant le départ. Elle se travaille en avançant. La confiance ne précède pas l’action, elle en est souvent le résultat.
Le pitch n’est pas la preuve
La session a aussi rappelé une vérité utile : un bon pitch ne suffit pas. Il capte l’attention, mais il ne garantit ni la qualité du projet ni la solidité de l’entrepreneur.
Pour les investisseurs, le moment décisif arrive souvent après : dans les questions, les objections, les angles morts. Comment le porteur réagit-il sous pression ? Connaît-il son marché ? Sait-il entendre une contradiction ? Peut-il défendre sa vision sans réciter une présentation ?
Le pitch reste un art de séduction intellectuelle. Mais l’entrepreneuriat exige davantage : de l’adaptabilité, une capacité à apprendre vite, une forme de solidité intérieure et, surtout, une aptitude à s’entourer.
Le Détail
La première cohorte QVEMA Amplify devait rester limitée. Elle a finalement été portée à 150 participants, avec des places attribuées en quelques minutes et une liste d’attente déjà constituée. Le bootcamp annoncé s’étend sur douze semaines, avec environ 100 heures de contenus et d’accompagnement.
Ne pas confondre audace et fuite en avant
Le message le plus juste de cette session tenait peut-être dans sa nuance. Oui, il faut oser. Non, il ne faut pas tout confondre.
Quitter ses études, abandonner son emploi, ouvrir un second point de vente, partir aux États-Unis, viser le B2G : chaque décision demande une lecture fine du risque. Rentabiliser avant de dupliquer. Tester avant d’étendre. Garder un plan B. Ne pas mettre sa famille en danger. L’audace n’est pas l’absence de méthode ; c’est la méthode appliquée malgré la peur.
Dans un monde où l’intelligence artificielle permet déjà de prototyper, communiquer, apprendre et automatiser plus vite, l’entrepreneuriat devient moins solitaire. Mais il ne devient pas facile pour autant.
La vraie promesse de QVEMA Amplify n’est donc pas de fabriquer des licornes. Elle est plus modeste, et peut-être plus précieuse : donner à ceux qui hésitent les premiers appuis pour passer du fantasme au premier client.
Car l’entrepreneur ne naît pas toujours dans un grand geste. Parfois, il commence simplement par cesser d’attendre le moment parfait.
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