Il y a quelque chose de particulier dans l’idée de vendre une voiture de course. On ne vend pas un objet. On vend la preuve qu’un problème a été résolu — le problème de la vitesse, de l’adhérence, de la survie à pleine charge en courbe. Une Porsche 906, une Alpine A450B ou une Lotus Type 78 ne sont pas des témoins de l’histoire. Ce sont des arguments techniques dont la pertinence n’a pas vieilli.
Artcurial Motorcars l’a compris depuis longtemps. Pour l’édition 2026 du Le Mans Classic — le plus grand rassemblement mondial de voitures de course historiques — la maison d’enchères propose deux ventes complémentaires qui traversent ensemble plus d’un siècle de construction automobile.
La vente officielle : le 3 juillet, au cœur du paddock
La vente officielle se tient le vendredi 3 juillet à 17h sous la tente Artcurial Motorcars, dans le paddock même du circuit, à proximité immédiate du Drivers Club. C’est une position qui n’est pas symbolique : on vendra ces voitures là où elles ont couru, ou là où leurs semblables courent encore.
La sélection comprend des automobiles qui ont directement contribué à la légende des 24 Heures — des années 1940 aux prototypes modernes d’endurance. La Lotus Type 78, première Formule 1 à effet de sol, y côtoie la Duckhams LM, premier projet du futur génie de l’ingénierie Gordon Murray. La Dodge Viper GTS-R ORECA et l’Alpine A450B rappellent que la compétition automobile est aussi une histoire de marques nationales défendant leur identité technique à haute vitesse.
La vente Online Only : soixante voitures, 125 ans de chronologie
En parallèle, du 2 au 8 juillet, une vente entièrement digitale réunit près de soixante automobiles exposées dans la Rotonde du Parc des Expositions, face à l’entrée principale du circuit et au musée M24. La chronologie s’étend de la De Dion-Bouton Vis-à-Vis de 1898 — un véhicule qui précède le concept même de course automobile organisée — aux GT et sportives des années 1980-2000 qui sont devenus les nouvelles étoiles du marché.
Ce qui est notable dans cette vente en ligne, c’est l’accessibilité revendiquée : près de 90 % des lots seront proposés sans prix de réserve. C’est un choix éditorial fort de la part d’Artcurial — celui de ne pas fétichiser la valeur marchande, mais de permettre à des collectionneurs moins établis d’entrer dans l’histoire par une porte latérale.
Ce que l’on achète vraiment
Au Le Mans Classic, les voitures de collection ne circulent pas derrière des cordons. Elles roulent. Elles grondent. Leurs pilotes sont souvent leurs propriétaires. Ce contexte transforme une vente aux enchères en quelque chose d’autre : une conversation entre des objets qui ont vécu et des acheteurs qui veulent prolonger cette vie.
Artcurial a trouvé, avec cet événement, la scène idéale pour une conviction simple : l’automobile de collection n’est pas un investissement. C’est une manière de tenir le temps.














































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