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Corriger le calendrier perpétuel à rebours

by pascal iakovou
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Depuis 1985, la question n’avait pas changé. Kurt Klaus avait résolu le problème le plus redouté de la complication calendaire — programmer mécaniquement les irrégularités du calendrier grégorien — mais en laissait subsister un autre : quiconque oubliait de remonter sa montre se retrouvait à devoir avancer laborieusement le mécanisme, jour par jour, parfois pendant des semaines, via une séquence de correcteurs dont l’ordre importait. La correction à rebours restait impossible.

Le ProSet, dévoilé en avril 2026 dans trois versions du Big Pilot’s Watch, est la réponse à cette contrainte spécifique. Son mécanisme entièrement à engrenages — sans cames de poussée traditionnelles — permet la correction dans les deux sens depuis une position unique de la couronne. Pas de boutons-poussoirs latéraux, pas de séquence imposée.

Détail

La géométrie du programme. Le ProSet repose sur une roue de programme dont les différentes hauteurs de came encodent les longueurs de mois. En fin de mois court, cette géométrie déclenche l’extension de doigts flexibles qui font avancer la roue 24h de plusieurs dents simultanément — saut direct au 1er du mois suivant. La roue d’année bissextile effectue un tour complet en quatre ans : en année ordinaire, son doigt reste étendu ; il se rétracte l’année bissextile. Cette logique de doigts extensibles/rétractables rend la correction à rebours structurellement possible, là où un mécanisme à cams de poussée ne peut reculer sans se bloquer. Les composants les plus sollicités — roues automatiques, crans — sont fabriqués en céramique oxyde de zirconium quasi insusable. Les géométries multi-couches sont réalisées par procédé LIGA (lithographie, galvanoplastie, moulage), qui permet d’intégrer plusieurs niveaux fonctionnels dans une seule pièce usinée.

Le calibre manufacture 82665 bat à 28 800 alternances/heure, monte à 34 rubis, réserve 60 heures de marche. Son spiral en silicium et son échappement nickel-phosphore réduisent les effets du magnétisme sur la régularité de marche. La phase de lune a été recalculée : le train réducteur est désormais dimensionné pour un écart d’un jour tous les 1 044 ans. IWC documente les deux hémisphères via le Double Moon™ — deux lunes, deux points de vue sur le même astre, chacun avançant en synchronisation avec la date et le jour de semaine à chaque minuit.

L’héritage est daté avec précision. En 1985, Kurt Klaus posait la base de ce qui allait devenir la signature calendaire d’IWC : le premier calendrier perpétuel commandé intégralement par la couronne, sur le Da Vinci Chronographe Calendrier Perpétuel (Réf. IW3750). Le ProSet conserve cet ADN — couronne unique, lisibilité directe — en résolvant la contrainte que quarante années d’usage avaient fini par exposer.

Les trois versions du Big Pilot’s Watch partagent le même calibre. Ce qui les distingue tient aux matériaux de boîtier : céramique zirconium blanc (42,9 mm, cadran bleu dégradé), acier (42 mm, cadran bleu), or 5N 18 carats (42 mm, cadran olive). Le fond saphir est commun aux trois. Sur les éditions Le Petit Prince, le rotor porte un médaillon doré représentant le personnage de Saint-Exupéry sur son astéroïde.

La question que pose le ProSet n’est pas celle de l’élégance du cadran — elle était résolue depuis longtemps. C’est celle de ce qu’un mécanisme peut mémoriser, et de ce que l’utilisateur doit, ou ne doit plus, savoir faire.

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