Hublot aime les raccourcis narratifs. Celui-là est propre : entre six et huit heures sur le cadran, les chiffres 6, 5 et 8 s’alignent. Retournés, ils donnent 9,58 — le temps, établi à Berlin en 2009, que le 100 mètres n’a plus connu depuis. La Maison genevoise n’invente pas le symbole ; elle l’encode dans le saphir.
La pièce est construite autour du calibre manufacture Unico HUB1280, premier mouvement entièrement conçu et produit en interne par Hublot depuis 2010. Chronographe flyback à remontage automatique, 354 composants, 43 rubis, fréquence de 4 Hz — soit 28 800 alternances par heure — réserve de marche de 72 heures et précision annoncée à -2/+4 secondes par jour. Cinq brevets en couvrent les mécanismes sensibles : double embrayage oscillant, système antitremblement, blocage de rochet dit « zéro friction », réglage fin du balancier, friction à pression constante sur le compteur des minutes. Dans cette version, le calibre se dévoile frontalement : roue à colonnes, embrayage et fonction flyback lisibles à l’œil nu, rehaussés de touches vert et jaune jamaïcains.
Le boîtier de 44 mm associe céramique noire polie et satinée à une lunette bi-matière — or jaune 18 carats poli pour la partie gravée, carbone givré microbillé pour la couronne supérieure. Six vis en forme de H, en or jaune 18 carats, ancrent l’ensemble. L’épaisseur atteint 14,50 mm pour une étanchéité à 100 mètres.
Ce qui retient davantage l’attention se trouve au dos. Le fond de boîte, en carbone givré microbillé protégé par un verre saphir traité antireflet, abrite un échantillon de terre prélevé sur la piste d’entraînement de Bolt en Jamaïque. La matière est incrustée dans un motif éclair entre deux verres saphir. On est ici moins dans la relique sportive que dans une tradition horlogère ancienne — celle des cadrans émail contenant des matières minérales ou organiques à forte charge symbolique. La référence n’est pas sportive ; elle est artisanale.
« L’aiguille en forme d’éclair ? Ma pose emblématique. Le vert et le jaune ? La Jamaïque dans mon cœur. La terre dans le fond du boîtier ? Le sol qui m’a forgé », a déclaré Usain Bolt. La formulation est directe, le registre personnel — elle dit davantage sur la logique de co-conception que sur la technique.
La série est limitée à 200 exemplaires, avec deux bracelets interchangeables par système One Click : textile Velcro® doré et caoutchouc camouflage tricolore. La garantie court sur dix ans, via le programme Hublotista lancé en janvier 2026.
Ce que cette pièce pose, en creux, est une question que la Maison n’énonce pas explicitement : jusqu’où le chronométrage sportif peut-il irriguer la grammaire horlogère sans en altérer la rigueur ? Le calibre Unico répond par le haut. Le reste — l’éclair, la devise gravée en or, les couleurs nationales — appartient à un autre registre. Hublot a toujours assumé cette tension. C’est, à sa façon, une réponse.






