Du 23 au 25 octobre, le Grand Palais a placé chaque Artycapucines à proximité de l’œuvre dont elle procède. Quatorze artistes, sept années de programme : la comparaison porte sur ce que le cuir garde du trait, de la couleur et du relief.
Présenter le sac à côté de l’œuvre change la manière de regarder une collaboration. Pour Art Basel Paris 2026, dont Louis Vuitton est partenaire associé, la Maison a réuni les créations des quatorze artistes invités depuis 2019 à réinterpréter le Capucines. Chaque sac est réalisé avec les artisans de la Maison.
Un dispositif de malletier
Les caisses ouvertes, les socles, l’aluminium brossé et la toile de coton de la scénographie évoquent le transport des œuvres. Ce cadre renvoie aussi au métier d’origine de Louis Vuitton, la malle. Il rapproche deux opérations différentes : protéger un objet, et en traduire les formes dans un autre matériau.
Ce que le cuir demande à la ligne
Broderie, assemblage et travail sculptural servent à transposer le langage de chaque artiste. La question est concrète : que deviennent la couleur, le relief ou la ligne quand ils doivent prendre place sur un objet construit pour être porté ? Un sac a un volume, un rabat, une anse. La surface n’y est plus un châssis ni une feuille.
Les pièces de la dernière série en donnent la mesure. Treize modèles consacrés à Keith Haring, présentés au défilé Croisière 2027 à New York, mobilisent la marqueterie de cuir, l’impression laser, les strass posés à la main, la broderie de perles et une finition patinée, selon la Maison. Le Nano Running Heart, une minaudière argentée, porte plus de 12 000 strass pour dessiner le cœur de l’artiste. Le BB Holiday transpose en marqueterie une scène balnéaire d’une série de 1983, en veau, en autruche et en serpent d’eau : trois peaux, trois plages de couleur, là où l’original est un aplat dessiné.





Le précédent Keith Haring
La présentation réunit la dernière collection et une malle Louis Vuitton des années 1930 que Keith Haring a signée dans les années 1980, selon LVMH. Cette pièce introduit une profondeur historique dans un programme récent. Un autre modèle de la série, le MM Genesis, part d’une valise que l’artiste avait personnalisée en 1984, indique la Maison.
Pour lire une telle exposition, le nombre de collaborations n’est qu’un point de départ. Ce qui s’y examine, objet par objet, c’est la part du geste initial que le travail artisanal conserve et la part qu’il doit réinventer. La mise en regard des œuvres et des sacs donne ce terrain de comparaison, et elle déplace l’attention de la signature vers la fabrication. La malle de Haring, elle, précède d’au moins trente ans le programme qu’elle côtoie : un artiste signait déjà un objet de la Maison avant que celle-ci en fasse une série.
Artycapucines, mode d’emploi : programme lancé en 2019, réinterprétations du sac Capucines par des artistes, réalisées avec les artisans de la Maison. Rétrospective du 23 au 25 octobre 2026 au Grand Palais, dans le cadre d’Art Basel Paris. Série Keith Haring : treize modèles, éditions limitées en boutique à partir du 1er janvier 2027, selon la Maison.
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