FUTURFASHION dévoile Pierre Amour, le créateur qui dessine la mode avec l’intelligence artificielle

by PASCAL IAKOVOU
0 comments

Un nom gardé secret jusqu’au dernier moment, une identité révélée comme un coup de théâtre : c’est ainsi que Superstudio a choisi de dévoiler celui qu’elle présente comme The Hidden Genius de sa plateforme FUTURFASHION. Il s’appelle Pierre Amour, vit à New York, a fait ses premiers pas dans la mode à Paris aux côtés de créateurs légendaires, et se distingue par une capacité peu commune à utiliser l’intelligence artificielle comme un véritable outil créatif.

« Jeune, brillant, passionné. En regardant son travail, j’ai ressenti à nouveau ce frisson de la Grande Mode que je n’avais pas éprouvé depuis longtemps », explique Gisella Borioli, fondatrice et âme de Superstudio, figure historique du journalisme de mode. « C’est pourquoi j’ai décidé, une fois de plus, de soutenir un talent en qui je crois et de lui offrir la visibilité qu’il mérite, en gardant son nom secret jusqu’à aujourd’hui, pour ne pas le confondre parmi tant d’autres. »

The Hidden Genius a pris la forme d’un défilé virtuel spectaculaire à Superstudio Più, dans l’Atelier du FLA Museum, emmenant le public à l’intérieur d’une FUTURFASHION surprenante mais possible : des collections, des silhouettes et des visions nées elles aussi grâce à l’IA, mais pensées pour sortir de l’écran et devenir de la mode bien réelle. Deux lectures s’y superposent, selon Superstudio : GREAT FASHION, celle des vêtements désirables, des formes et volumes inédits, des matières innovantes, où l’IA agit comme un outil qui donne forme aux idées du créateur, une mode qui n’obéit pas aux tendances mais tente de les anticiper ; et IMAGINATION, celle du jeu avec l’intelligence artificielle, complice active des inventions nées dans l’esprit du créateur, sans limite, un divertissement extravagant qui cache sous ses excentricités des idées et des détails inspirants pour qui sait regarder au-delà.

Cette histoire trouve son prolongement naturel dans les espaces de l’Atelier du FLA — FlavioLucchiniArt Museum —, où les créations de Pierre Amour entrent en dialogue avec les œuvres et sculptures de Flavio Lucchini consacrées à la mode. Le FLA rassemble une importante collection d’œuvres, des sculptures aux dessins, qui racontent l’histoire de la mode contemporaine des cinquante dernières années — un cadre qui inscrit d’emblée le travail du jeune créateur dans une filiation plutôt que dans une simple nouveauté technologique. L’événement était soutenu par Audiolux, l’Istituto Marangoni Milano, White Show et Ferrari Trento.

Ce choix d’exposer un travail né de l’intelligence artificielle aux côtés d’œuvres et de sculptures qui retracent cinquante ans d’histoire de la mode installe, dès la scénographie, un dialogue entre deux régimes de création qui se sont longtemps ignorés : celui, patrimonial, de l’archive, et celui, encore incertain, des outils génératifs. Peu d’institutions de mode assument aussi frontalement cette confrontation, préférant généralement présenter l’IA de manière isolée plutôt que de la mesurer directement à l’histoire qu’elle prétend prolonger.

En choisissant de révéler l’identité de son protégé plutôt que de la garder anonyme plus longtemps, Superstudio parie que le mystère aura suffisamment intrigué pour que le nom, désormais connu, ne devienne pas anecdotique. Reste à voir si Pierre Amour parviendra à faire exister, hors de l’écran et du récit de sa découverte, une mode qui lui survivra. Le pari est d’autant plus risqué que la révélation d’un nom, une fois faite, ne peut plus être rejouée : toute la valeur du dispositif reposait sur ce moment précis de bascule entre l’anonymat et la reconnaissance, un instant qui ne se répète pas.

LUXSURE LETTER

Le luxe, sélectionné plutôt que subi.

Recevez notre sélection éditoriale consacrée aux Maisons, aux idées et aux mutations qui façonnent le luxe contemporain.

RECEVOIR LUXSURE LETTER → DÉCOUVRIR LE MAGAZINE →

Related Articles