Les Voiles de Saint-Tropez s’achèvent samedi. Parmi les équipages en course, un seul a été habillé de la tête aux pieds par une marque, et il navigue sur un bateau plus ancien qu’elle ne l’imagine.
Le Resolute Salmon est un voilier de type one-tonner, dessiné en 1975 par Britton Chance. Le terme désigne une classe de jauge et non un poids : un bateau conçu pour courir, pas pour parader. D’après les organisateurs de l’opération, il reste depuis toujours étroitement lié à Saint-Tropez et à ses régates les plus emblématiques. C’est un détail rare dans un golfe où se croisent chaque automne maxi-yachts et classiques centenaires : un bateau de course de son époque, qui n’a pas besoin d’ancienneté spectaculaire pour avoir une histoire locale.
Cette année, son équipage porte un total look complet, vêtements et chaussures, imaginé par Sebago. La Maison l’a indiqué dans son communiqué, en précisant que le voilier naviguerait « porté par l’esprit et les valeurs de la marque ». Le choix n’a rien d’étonnant. Sebago est née dans le Maine comme marque de chaussures bateau, connue pour sa ligne Docksides. Équiper un équipage, c’est ramener le soulier à son pont d’origine.
Reste à savoir ce que l’on peut juger. Pour l’instant, presque rien du vêtement lui-même : ni coupes, ni matières, ni pièces, ni nombre de marins équipés ne sont connus. Ce qui se laisse examiner, c’est la logique du geste. Habiller un équipage de régate engage la marque à un endroit exposé, puisque les vêtements y subissent l’embrun, les manœuvres et les heures d’immobilité sur l’eau. Un défilé ne produit jamais cette épreuve. La question, pour les semaines qui viennent, est donc moins celle de l’image que de la tenue : que restera-t-il de ces tenues après neuf jours de mer ?
L’opération s’inscrit dans un ensemble plus large. Le 28 septembre, Sebago, K-Way et Sundek, trois marques du groupe BasicNet, devaient se retrouver dans leur boutique multimarque de la Place de la Garonne, à Saint-Tropez, en marge des Voiles, qui courent du 26 septembre au 4 octobre. Des propriétaires de bateaux engagés dans la compétition figuraient parmi les invités annoncés. Si la boutique est le lieu de la mondanité, le Resolute Salmon en est la preuve d’usage.
Ce que cela dit de Sebago tient en peu de mots : la marque a choisi de se montrer sur un bateau qui court, et non sur un quai. Qu’elle ait raison se vérifiera dans les photos de remise des prix, où les tenues seront soit encore en état, soit marquées par la course. L’intérêt du sujet est établi. La qualité de la création, elle, ne peut pas encore être jugée.















