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Montblanc Masters of Art Homage to Henri Matisse : écrire avec la couleur

by pascal iakovou
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Il y a, chez Henri Matisse, une manière de simplifier le monde sans jamais l’appauvrir. Une ligne suffit parfois à contenir un corps. Un bleu peut porter toute la mémoire d’une figure. Une feuille découpée devient architecture, danse, végétation, fenêtre ouverte sur le Sud. Avec la collection Masters of Art Homage to Henri Matisse, Montblanc ne rend pas seulement hommage à un peintre ; la Maison s’empare d’un langage plastique pour le transposer dans un autre territoire du geste : celui de l’écriture.

Né en 1869 et disparu en 1954, Matisse appartient à ces artistes qui ont déplacé durablement le regard du XXe siècle. Peintre, dessinateur, sculpteur, créateur de gouaches découpées, il a poursuivi toute sa vie une forme de réduction essentielle : non pas faire moins, mais trouver la forme juste. Les papiers découpés de ses dernières années, que la Tate Modern a notamment consacrés dans une grande exposition en 2014, restent l’un des moments les plus radicaux de cette recherche : la couleur n’y habille plus la forme, elle devient forme elle-même.  

La collection Montblanc Masters of Art Homage to Henri Matisse, conçue en partenariat avec la Maison Matisse, suit cette logique par fragments. Chaque édition prend pour point d’appui une œuvre, une période ou un déplacement dans l’imaginaire de l’artiste. La silhouette générale des instruments d’écriture reprend l’idée de formes organiques, en écho aux sculptures de Matisse. L’agrafe renvoie aux papiers découpés et notamment à La Gerbe, œuvre de 1953 réalisée en papiers gouachés, découpés et collés, dont le Centre Pompidou précise les dimensions monumentales : 311 x 350 cm.  

L’édition Limited Edition 4810 s’inspire du Nu Bleu III, l’une des figures majeures des gouaches découpées de 1952. Le Centre Pompidou décrit l’œuvre comme une gouache découpée sur papier, montée sur toile, de 112 x 73,5 cm.   Montblanc en retient le dialogue bleu et blanc, non comme simple motif, mais comme dispositif de lecture : le corps de l’instrument semble abstrait au premier regard, avant que la rotation ne révèle progressivement la figure assise. La laque bleue et blanche, les attributs platinés, l’emblème Montblanc en résine précieuse blanche serti de bleu et la plume rhodiée en or massif 18 carats composent un hommage assez direct à la méthode du découpage au ciseau, cette manière de dessiner dans la couleur plutôt que de colorer un dessin.

L’édition Limited Edition 888 se tourne vers La Blouse roumaine de 1940. Ici, Matisse n’est plus seulement le peintre de la ligne pure ; il devient celui des tissus, des ornements, des costumes, de la surface décorative pensée comme structure. Le corps et le capuchon réinterprètent une palette rouge et bleue, avec une texture laquée évoquant la toile. Les détails en laque noire et rouge, les gravures sur le cône en or massif 18 carats, l’emblème Montblanc en nacre serti dans l’onyx noir et la plume ornée du dessin Grand Visage (Masque) déplacent le regard vers une autre dimension de Matisse : celle de l’ornement comme syntaxe.

L’édition Limited Edition 161 commémore le voyage de Matisse à Tahiti en 1930. Le site officiel Montblanc précise que cette édition associe un capuchon gravé à la main avec un détail de Fenêtre à Tahiti et un corps en bois de cocobolo inspiré des étoffes tapa rapportées du Pacifique.   Le choix du nombre 161 renvoie au nombre d’or, également signalé par la lettre grecque Phi sur la plume. L’argent massif 925 partiellement noirci, le bois de cocobolo, l’or rose 18 carats et l’emblème en paua introduisent une matérialité presque géographique : la pièce ne cite pas seulement une œuvre, elle tente de restituer une expérience de lumière, de distance et de transformation.

L’édition Limited Edition 96 s’appuie sur La Danse II, composition monumentale de 1910 aujourd’hui associée à l’un des sommets de la période fauve et de la recherche de Matisse sur le mouvement circulaire. L’œuvre, conservée à l’Ermitage de Saint-Pétersbourg selon les bases de données d’art, mesure 260 x 391 cm.   Montblanc traduit cette énergie par une laque bleu vif et turquoise, des danseurs en bronze entourant le capuchon et le corps, des attributs en or rose massif 18 carats, un emblème en turquoise encadré d’or et de jaspe rouge. Le chiffre 96 renvoie à 1896, année de la première exposition de Matisse au Salon des Beaux-Arts.

La pièce la plus rare, Limited Edition 8, prend pour point de départ Robe violette et Anémones, peinte en 1937. L’or blanc massif 18 carats, l’émail fait main, les gravures 3D, la jade verte, la cornaline rouge, les diamants couleur cognac et l’emblème Montblanc serti en pavé installent l’objet dans un registre plus proche de la micro-architecture joaillière que du simple instrument d’écriture. La plume en or 18 carats, sertie de diamants taille brillant, reprend elle aussi le motif Grand Visage (Masque). À huit exemplaires dans le monde, l’objet relève moins de l’accessoire que du cabinet de collection.

Ce qui intéresse ici n’est pas seulement la préciosité des matériaux, mais la manière dont Montblanc organise une traduction. La Maison allemande, dont l’histoire commence en 1906 autour de la culture de l’écriture, travaille depuis plusieurs années à requalifier l’instrument d’écriture comme objet de mémoire, de transmission et de collection. Sa série Masters of Art poursuit cette stratégie : inscrire la plume dans un dialogue avec les grands récits visuels du XXe siècle, au moment même où l’écriture manuscrite devient moins quotidienne, donc plus choisie.

L’hommage à Matisse arrive dans un contexte particulièrement juste. En 2026, le Grand Palais consacre une rétrospective à l’artiste, avec un accent marqué sur les gouaches découpées et les dernières années de création. Le Monde souligne que l’exposition réunit notamment de nombreux papiers découpés, peintures et dessins, et montre comment Matisse a résolu, dans ses œuvres tardives, le vieux dialogue entre ligne et couleur en découpant directement dans la matière peinte.   Montblanc s’inscrit dans cette même actualité du regard : non pas redécouvrir Matisse, mais comprendre pourquoi sa simplicité reste si contemporaine.

La collection est complétée par un carnet orné d’une reproduction du Nu Bleu III et par un coffret de trois encres — rouge, bleu et vert — inspirées des couleurs de l’artiste. Disponible à partir d’avril 2026 dans les boutiques Montblanc et en ligne, elle rappelle une chose que le luxe oublie parfois lorsqu’il s’abandonne à la démonstration : un bel objet n’a pas besoin de tout dire. Il peut simplement donner envie de reprendre une phrase à la main, lentement, dans la couleur d’un souvenir.

Montblanc rend hommage à Henri Matisse avec une collection Masters of Art inspirée du Nu Bleu III, de La Gerbe, de La Danse II et des papiers découpés.

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