Home Art de vivreCultureJude Ferrari installe Pigalle dans les colonnes du SO/ Paris

Jude Ferrari installe Pigalle dans les colonnes du SO/ Paris

by pascal iakovou
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Du 18 mai au 29 juin, le lobby du SO/ Paris cède ses colonnes à une créatrice qui transforme les pigeons parisiens en guêtres et la fumée de cigarette en toile imprimée.

La collaboration entre SO/ Paris et J. Simone, la griffe de Jude Ferrari, n’a pas pris la forme habituelle d’une vitrine de presse. Elle a pris celle d’une scénographie : une sculpture gonflable de 3,80 mètres représentant Sylvester Stallone trône dans le lobby de l’hôtel ; des pigeons sont disséminés dans tout l’espace ; les colonnes du bâtiment — jamais investies de cette manière — font l’objet d’un takeover artistique pour la première fois depuis l’ouverture de l’établissement. Le programme SPHERE de la Paris Fashion Week, dont SO/ Paris est partenaire, a servi de cadre à ce déploiement.

La collection SS26 de J. Simone, exposée dans ce décor, pousse la même logique jusqu’aux matières. La fumée de cigarette n’est pas une métaphore — elle est un imprimé, développé en collaboration avec Labdip, label parisien spécialisé dans les développements de teintes et d’impressions sur denim. Le pigeon devient guêtre. Le body-chemise est upcyclé à partir de matières récupérées dans l’esthétique des costumes portés par les employés de bureau de La Défense. Le croissant — symbole aussi Paris-export que le béret — ressort en oversize sur un crop top. Les kebabs de Pigalle et les néons orange des bureaux de tabac ferment la liste des références.


Le travail avec Labdip

Labdip est un studio de couleur et de développement textile implanté à Paris, travaillant sur commande pour des créateurs indépendants. La collaboration avec J. Simone porte sur des impressions denim intégrant des motifs tirés de l’iconographie fumée de cigarette. Le dossier ne précise pas le nombre de pièces produites ni le procédé d’impression retenu.


Ce que cette collaboration révèle, plus que les pièces elles-mêmes, c’est la stratégie que SO/ Paris construit depuis plusieurs saisons : l’hôtel comme scène de lancement, en amont de tout circuit de distribution. Guillaume Henry, Christian Lacroix, Viktor&Rolf avaient signé des uniformes et des espaces. Jude Ferrari, elle, investit le lobby comme on investit une galerie. La différence n’est pas anecdotique — elle dit que SO/ Paris a décidé de se positionner du côté des créateurs, pas des maisons.

Ce mouvement a une durée de vie : six semaines, jusqu’au 29 juin. Après, les colonnes retrouveront leur état ordinaire. C’est peut-être là l’argument le plus convaincant de toute l’installation.

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