Giovanna Engelbert, directrice créative de Swarovski depuis 2020, a posé une question précise en préparant cette troisième présence au Met Gala : non pas que peut faire le cristal pour la mode ?, mais est-ce que le cristal est lui-même de l’art ?
La réponse prend la forme de trois silhouettes couture entières conçues par la Maison, et de collaborations avec deux créateurs.
Venus Williams arrive avec un vêtement qui cite un tableau — Venus Williams, Double Portrait de Robert Pruitt, collection permanente du Smithsonian National Portrait Gallery. Le collier reconstitue l’ornement central du portrait en argent sterling serti de 3 800 pierres à la main, plus de 700 heures de travail d’atelier. Le modèle peint par Pruitt porte un collier à la forme d’une assiette de trophée Wimbledon, incrustée de portraits des parents de Williams, de ses titres sportifs et de ses racines à Compton. Le passage du tableau au bijou en trois dimensions constitue ici la pièce principale du dossier. La robe noire à corset structuré avec hanches construites compte 52 500 cristaux.
Engelbert explique avoir voulu quelque chose de puissant, de royal, ancré dans son histoire propre. La robe est construite sur une armature couture pour porter à la fois la force physique et le symbolisme du portrait.
EJAE (actrice et autrice de Golden, désormais voix culturelle globale) porte une silhouette inspirée de références néoclassiques — statues de marbre — avec des intégrations cristal créant un effet de chiaroscuro par la réflexion et l’absorption de lumière. La jupe en Crystal Fine Mesh irisé compte 630 000 cristaux Swarovski pour 84 heures d’assemblage. Le corset est brodé de 60 000 cristaux et 1 000 perles de cristal à la main, chaque élément traité avec une technique qui fusionne la joaillerie et la broderie fine. La pièce d’épaule s’inspire des familles Constella et Una Angelic ; le casque reprend la forme des binyeo, épingles à cheveux coréennes traditionnelles, retraduites en cristal.
Giovanna Engelbert elle-même porte ce qu’elle décrit comme le processus plutôt que l’œuvre finie : un corset visible en duchesse soie avec lignes de construction extériorisées, jupe organza en couches, tablier en Crystal Mesh (Hyperbola, Matrix) — métaphore de l’artiste au travail. Le casque est une collaboration avec Stephen Jones, qui fusionne le cygne emblème de Swarovski et la palette de peintre.
Cher porte des bijoux de la ligne courante : collier Matrix, boucles et bagues Vienna. Robert Wun intègre Swarovski dans les robes de Lisa (BLACKPINK) et Naomi Osaka (plus d’un million de cristaux chacune). Di Petsa habille Laura Harrier d’une pièce embellished.
Le Crystal Fine Mesh: Ce tissu cristal est produit par Swarovski en tissu de maille fine sur lequel les cristaux sont fixés industriellement, puis les coutures finales et les ajustements sont réalisés à la main. La flexibilité du mesh permet à la robe de suivre le mouvement du corps sans que les pierres ne brisent leur alignement — une contrainte technique résolue par l’architecture du support plutôt que par la dureté du sertissage.
























