Home ModeFashion WeekBOSS Automne-Hiver 2026 : quand les soies de cravate colonisent la veste

BOSS Automne-Hiver 2026 : quand les soies de cravate colonisent la veste

by pascal iakovou
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Milan, 26 février. Sur le podium du Rubattino56, une veste structurée portait ce qui, jusqu’à présent, vivait uniquement autour du cou.

Les soies imprimées et jacquards que HUGO BOSS réservait depuis des décennies aux accessoires — cravates, pochettes, foulards de smoking — ont changé de registre cette saison. Déclinés en motifs floraux tirés des archives de la maison (pivoine, lys), ces tissus migrent vers les pièces de dessus, portés avec des vestes aux épaules structurées et des manteaux à coupe pleine. Ce glissement n’est pas anecdotique : il traduit une logique de hiérarchie matière inversée, où l’accessoire cède sa grammaire à la pièce maîtresse.

La ligne de force

La collection s’articule autour d’une relecture précise du vestiaire tailoring masculin des années 1980 et 1990, non par nostalgie mais par dissection des proportions. Les vestes à épaules sculptées des années 1980 — silhouette architecturée, présence physique immédiate — sont reprises avec des revers rehaussés selon les codes de la fin des années 1990. L’effet est une compression temporelle : deux moments du costume masculin superposés dans une seule coupe. Les vestes croisées s’associent à des pantalons à un pli ; les trois boutons à double pli. Chaque combinaison est une décision, pas une convention.

Détail Le sac homme présenté au défilé : cuir souple, finitions cousues main, doublure chevreau, fabriqué en Italie. Les chaussures portent, gravé à l’aide de clous de cordonnier sur la semelle intérieure, le mot « BOSS » — détail invisible au porter, visible à celui qui se déchausse.

La matière comme déclaration

Pour l’outerwear, la maison travaille la friction entre tissus nobles et techniques : trenchs en nylon dont les revers sont traités en alpaga brossé, manteaux en cuir doublés cachemire. La palette chromatique accompagne ce jeu de résistances — cuir noir profond, laine bleu nuit, flanelle gris fumé, avec des contrepoints en terracotta et ocre doré qui rappellent le velours du tapis de podium.

Le costume présenté par David Beckham à son arrivée au défilé — deux pièces en mélange laine vierge, soie et lin, Oxford en cuir marron lisse, cravate tricotée en soie Tussah bleu marine — constitue le troisième chapitre d’un partenariat dont la cohérence tient moins à la célébrité qu’à la convergence sur une question précise : à quoi ressemble un tailoring qui ne se présente plus comme un uniforme de fonction ?

La réponse de Marco Falcioni, directeur artistique chez HUGO BOSS, tient en une phrase : « C’est encore plus puissant lorsque vous vous l’appropriez. »

Ce que la maison construit, saison après saison, c’est moins un vestiaire qu’un argumentaire — celui d’un tailoring assez solide techniquement pour supporter d’être porté hors contexte.

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