Sous la direction de Lisi Herrebrugh et Rushemy Botter, la Maison G-STAR relance son atelier expérimental. Une exploration structurelle en vingt-quatre pièces où le denim technique s’adapte à la biomécanique des corps en mouvement.
Le vêtement comme structure
La réintroduction de RAW RESEARCH marque un retour aux fondamentaux de l’ingénierie textile. Succédant à Aitor Throup, le nouveau duo de direction créative a exploré les archives de la Maison G-STAR pour isoler une méthode de construction rigoureuse. Le point de départ géométrique de cette réflexion remonte à 1996, avec la conception du modèle Elwood. Ce pantalon, pensé autour de l’articulation du genou et d’une architecture en trois dimensions, sert aujourd’hui de matrice à une collection non-genrée. La logique de l’ergonomie s’étend désormais aux vestes de type trucker et aux jupes, imposant une précision anatomique qui redéfinit l’héritage utilitaire de la toile d’origine.
La matérialité du « greencast »
Loin du traitement classique de l’indigo, la collection interroge l’oxydation et le vieillissement de la matière. Les pièces s’articulent autour du denim selvedge et du tissage « greencast ». Cette variation chromatique délaisse la chaleur de l’indigo traditionnel pour des reflets froids et industriels, modifiant radicalement la façon dont la patine se développera au fil des ports. La veste RR Vinny, hommage aux archives personnelles des créateurs, et le bomber réversible — qui conjugue le montage d’une chemise formelle au volume d’une pièce militaire avec un délavage japonais « cloud camo » — témoignent de cette recherche pointue sur le comportement physique de l’étoffe.
Détail technique Le tissage « greencast » se distingue par l’intégration d’une nuance soufrée ou verte avant la teinture à l’indigo. Ce procédé chimique altère la décoloration naturelle de la toile : au lieu de s’estomper vers le blanc ou le bleu clair classique, le tissu révèle des sous-tons gris et froids, conférant à la pièce une usure visuelle à l’aspect presque métallique.
L’attitude industrielle
Capturée par l’objectif du photographe Pieter Hugo dans un environnement brut, la série illustre un glissement perceptif. Le denim n’est plus envisagé comme un simple basique, mais comme un matériau d’étude sculpté par la contrainte. En appliquant la rigueur du tailleur à des vêtements d’extérieur d’inspiration maritime ou militaire, l’atelier propose une grammaire vestimentaire où la fonction dicte la forme, inscrivant l’usage du denim dans une permanence architecturale.
















