Sur la côte nord de l’île Maurice, le resort LUX* Grand Gaube inaugure Studio 17, un club pour adolescents, et GAIA, le premier atelier de poterie intégré à un hôtel mauricien. Moins une garderie qu’une architecture générationnelle : chaque âge trouve son territoire.
Le luxe familial a longtemps fonctionné par soustraction : on isole les enfants pour que les adultes profitent. LUX* Grand Gaube propose une autre logique. Avec l’ouverture de Studio 17 et de GAIA, le resort mauricien mise sur l’autonomie encadrée et la transmission de gestes. Deux espaces distincts, une même intention : donner à chaque génération les moyens de son propre rythme.
Studio 17 : territorialiser l’adolescence
Adjacent au Kids Club PLAY, Studio 17 occupe deux niveaux dédiés aux douze-dix-sept ans. Pas de décorum infantilisant : tennis de table, basket trois contre trois, billard français, consoles PlayStation et Xbox dans une Game Zone équipée pour le jeu en réseau. La Junk Art Gallery — installation permanente d’art récupéré — invite au détournement créatif. Un puzzle géant et des jeux de société classiques (échecs, backgammon) complètent l’offre. Au deuxième niveau, un salon de détente avec canapés modulaires et bibliothèque.
L’espace peut être privatisé pour des événements — anniversaires, soirées thématiques — ce qui introduit une notion de « club » au sens britannique : un lieu dont on devient temporairement membre, avec ses codes et ses rituels. Studio 17 se situe à quelques dizaines de mètres du bâtiment principal. Assez près pour rassurer, assez loin pour émanciper. L’adolescence trouve ici son périmètre.
GAIA : façonner l’argile comme on pose le temps
L’ancienne Junk Art Gallery a été reconvertie en atelier de poterie — une première dans l’hôtellerie mauricienne. Le nom, GAIA, fait référence à la déesse grecque primordiale de la Terre. Ce n’est pas un hasard : la poterie est l’un des rares artisanats qui imposent une relation directe avec la matière brute, l’eau, le feu, le temps de séchage. On ne triche pas avec l’argile.
L’atelier ouvre trois jours par semaine et propose plusieurs formules. Wine & Clay associe dégustation de vin et modelage — une tentative pour ralentir le geste touristique. Les ateliers privés pour couples introduisent une dimension collaborative : façonner un objet à quatre mains oblige à synchroniser les pressions, à négocier les formes. Le Little Clay Club accueille les enfants pour des séances adaptées : colombins, plaques, empreintes végétales. L’objectif n’est pas de produire un objet parfait, mais de comprendre que la terre réagit à la température des mains, à l’humidité ambiante, à la vitesse du geste.
GAIA s’inscrit dans une tendance plus large : celle des « maker spaces » intégrés aux hôtels haut de gamme. Après les cours de cuisine, les bibliothèques curatoriales et les potagers participatifs, la poterie permet d’introduire un temps long — celui du tournage, du séchage, de la cuisson — dans un séjour souvent compressé. On repart avec un bol imparfait, une coupelle asymétrique : des objets qui portent la trace d’un apprentissage, pas d’un achat.
Deux baies, deux générations, une logique spatiale
LUX* Grand Gaube se situe entre deux baies turquoise sur la côte nord de l’île Maurice. Cette géographie en forme de pince ouvre deux fronts de mer, deux ambiances, deux rythmes possibles. L’ajout de Studio 17 et GAIA prolonge cette logique : chaque tranche d’âge dispose de son propre territoire, de ses propres outils, de son propre tempo. Les parents peuvent rejoindre GAIA pendant que les adolescents s’affrontent au billard. Ou l’inverse. Le luxe ne réside plus dans la séparation stricte (adultes d’un côté, enfants de l’autre), mais dans la possibilité pour chacun de choisir son niveau d’engagement.
Cette approche reflète une mutation plus profonde du luxe hôtelier : on ne vend plus seulement un cadre, mais une architecture d’expériences modulables. Le resort devient une plateforme où chaque membre de la famille compose son propre programme, avec des points de rencontre choisis — le dîner, la plage, une séance commune à GAIA — et des moments d’autonomie assumée.
Ce qui reste à documenter
Le dossier de presse ne précise ni les dimensions exactes des espaces, ni l’identité de l’architecte ou du designer responsable de l’aménagement de Studio 17 et GAIA. On ignore la provenance de l’argile utilisée dans l’atelier de poterie — locale, importée, quelle couleur après cuisson. Pas de citation directe d’un artisan potier ou d’un responsable pédagogique. Pas de capacité d’accueil maximale pour Studio 17. Ces absences ne remettent pas en cause le projet, mais elles limitent la compréhension du geste technique et de la chaîne de valeur.
LUX* Grand Gaube pose une question simple : comment rendre l’hôtel désirable pour un adolescent qui, par définition, préfère échapper à ses parents ? La réponse tient en deux espaces : un club qui territorialise sans infantiliser, un atelier qui transmet un geste ancestral. Entre l’argile et le billard, entre Gaïa et la PlayStation, le luxe familial trouve une nouvelle définition : celle qui autorise chacun à être ailleurs, ensemble.


