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Le plissé à l’échelle de l’écharpe

by pascal iakovou
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HOMME PLISSÉ ISSEY MIYAKE transpose sa technique signature à un accessoire de petit format avec ANTIPASTO, série de foulards et écharpes lancée le 1er février. Six coloris inspirés du voyage italien de l’équipe de design.


Le plissage permanent — procédé développé par Issey Miyake dans les années quatre-vingt-dix et codifié sous l’appellation PLEATS PLEASE en 1993 — repose sur un principe inverse à celui de la haute couture traditionnelle : le tissu est d’abord coupé puis plissé à chaud entre deux feuilles de papier. Cette contrainte thermique fixe les plis de manière irréversible. La ligne masculine HOMME PLISSÉ ISSEY MIYAKE, lancée en 2013, applique ce procédé à des pièces structurées — vestes, pantalons, chemises — qui conservent leur géométrie après lavage.

ANTIPASTO étend cette technique aux accessoires textiles de dimensions réduites. La série se compose d’écharpes et de foulards conçus pour être portés autour du cou ou attachés à une anse de sac. Le nom fait référence aux hors-d’œuvre italiens, évoquant une diversité chromatique présentée en petites portions. L’équipe de design a effectué un voyage en Italie dont elle a ramené une palette de six teintes : rose pâle, orange, ivoire, marron, jaune, bleu.

Emballage à trois boucles

Le dossier mentionne un « emballage à trois boucles entrelacées » sans préciser s’il s’agit du conditionnement ou de la structure même du textile. Dans la tradition du plissé Miyake, l’objet et son emballage entretiennent souvent un rapport de continuité formelle — le pliage du tissu se prolongeant dans le pliage du packaging. Si l’écharpe elle-même est composée de trois bandes plissées reliées, cela constituerait une variation technique par rapport aux pièces monobloc habituelles de la Maison.

Le plissé offre une élasticité naturelle qui permet à un textile de dimensions modestes de s’adapter à différents usages sans couture ni ajustement. C’est cette polyvalence — le même objet servant tour à tour de foulard, d’écharpe ou d’accessoire de sac — qui justifie l’absence de prescription d’usage dans la communication de la Maison. Le vêtement ou l’accessoire plissé ne se porte pas selon un code établi ; il se déploie selon les contraintes du corps ou de l’objet auquel il s’attache.

La couleur comme variable

Contrairement aux collections HOMME PLISSÉ qui privilégient les tonalités sobres (noir, gris, marine, blanc), ANTIPASTO assume une gamme chromatique élargie. Rose pâle, orange, jaune : des teintes rarement présentes dans la ligne masculine. Ce choix signale soit un élargissement de la cible (les accessoires textiles ne sont pas genrés par nature), soit une volonté d’offrir un contraste visuel avec le reste de la garde-robe. L’ivoire et le marron, plus neutres, permettent une intégration discrète. Le bleu — sans précision de nuance — pourrait aller du ciel au cobalt.

L’inspiration italienne revendiquée reste générique. Les antipasti se caractérisent par une juxtaposition de préparations aux couleurs, textures et saveurs contrastées (légumes marinés, charcuterie, fromages). Transposée au textile, cette logique suggère une accumulation possible : porter plusieurs écharpes simultanément, multiplier les accessoires colorés. Mais le dossier ne développe pas cette piste.


ANTIPASTO
HOMME PLISSÉ ISSEY MIYAKE
Disponible depuis le 1er février 2026
Six coloris

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