Home ModeFashion WeekHaute Couture Week : Agonie et extase dans la collection Schiaparelli

Haute Couture Week : Agonie et extase dans la collection Schiaparelli

by Tania Tuka
0 comments

La collection Schiaparelli Couture printemps-été 2026 se déploie comme une confession émotionnelle née du choc vécu par Daniel Roseberry face à l’héritage de la chapelle Sixtine. Là, le regard levé remplace la contemplation rationnelle par une sensation pure, et ce basculement devient le véritable point de départ de la saison.

Pour la Maison, l’essentiel ne réside pas dans l’apparence de la forme, mais dans l’émotion qu’elle déclenche au moment de sa création. Ce sentiment de liberté façonne le langage de la collection — incisif, nerveux, à la fois vulnérable et solennel. Des traits graphiques se métamorphosent en queues de scorpions venimeuses, crocs de serpents et silhouettes chimériques chargées d’une tension intérieure, faisant de ces créatures fantastiques les héroïnes d’un vestiaire défiant gravité et conventions.

Malgré l’audace des propositions, la haute couture demeure un territoire de structure rigoureuse et de savoir-faire irréprochable. C’est précisément à l’intérieur de ces règles que le créateur explore une expansion maximale de la forme.

La collection avance résolument vers l’avenir tout en célébrant l’excellence artisanale de l’atelier. La dentelle, minutieusement découpée à la main, devient un bas-relief sculptural jouant avec l’ombre et la profondeur. Les plumes, réelles ou illusoires, sont peintes à la main, travaillées à l’aérographe ou figées dans la résine et les cristaux. Des couches néon de tulle, dissimulées sous la dentelle, créent un effet vaporeux de sfumato. Chaque silhouette possède son propre caractère et un « point d’accroche » narratif, à l’image d’un costume complexe à jupe, construit sur des strates de tulle et d’organza, ponctuées d’accents cristallins et de pointes.

La palette évoque les oiseaux de paradis, s’épanouissant dans des nuances intenses de rose, de bleu et de safran. Les accessoires prolongent cet univers avec des têtes d’oiseaux sculpturales réalisées en plumes de soie, résine et cabochons de perles, faisant écho à l’attirance historique d’Elsa Schiaparelli pour la faune marine et céleste. La collection réintroduit également les signatures emblématiques de la Maison, dont le motif de la « serrure », symbole d’un passage vers le secret.

Photos : Avec l’aimable autorisation de la marque

Related Articles