Alberto Zambelli construit une chambre autour du corps

by PASCAL IAKOVOU
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Pour le printemps-été 2027, Alberto Zambelli donne à sa collection le nom The Room. La référence à Une chambre à soi de Virginia Woolf sert de point de départ à une question de coupe : comment un vêtement peut-il ménager autour du corps un espace propre, sans l’isoler ni le contraindre ?

La réponse passe par des volumes légers et par l’air laissé entre la peau et le tissu. La maison rapproche cette recherche de la place du vide dans la peinture chinoise. Il ne s’agit pas d’en déduire une parenté culturelle démontrée, mais de comprendre le principe formel avancé par le créateur : le manque apparent de matière peut devenir une partie active de la silhouette.

La laine technique couleur chaux, les plissés irréguliers aux tons d’encre et de soufre, le coton jacquard rayé et la soie composent cette architecture souple. Les lignes s’arrondissent, prennent des formes de cocon ou empruntent au kimono une fluidité qui accompagne le mouvement. Des sequins à effet nacré introduisent une lumière mesurée dans cet ensemble.

The Room convainc surtout par la précision de sa question. Une « chambre » portable ne vaut que si elle reste habitable : si les volumes conservent au corps une liberté réelle, la référence littéraire cesse d’être un titre et devient une méthode.

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