LEAWALD, Pop Mutation : quand la lingerie devient un langage

by PASCAL IAKOVOU
0 comments

Des cheveux rose et vert, une peau qui bleuit et se couvre d’écailles, une tétine de dentelle devenue masque de sommeil : pour son premier défilé, Lea Waldberg fait de la poupée une créature.

Un premier défilé, des obsessions mûries

Pop Mutation, la collection printemps-été 2027 de LEAWALD, est le premier défilé de Lea Waldberg. Le communiqué la présente comme le point de réunion et de prolongement de ses obsessions créatives, développées au fil des dernières années. Son langage visuel y prend, dit-il, toute son expression : une féminité exagérée, des objets détournés, une forte affinité avec le surréalisme.

Dans cet univers, le corps devient un terrain de jeu et de transformation. On retiendra l’intention plus que la démonstration : il ne s’agit pas d’habiller un corps, mais de lui donner un espace où se déformer.

Le rapprochement avec les poupées pop n’est pas anodin : c’est la figure d’un corps fabriqué, coiffé, repeint, que l’on peut changer à volonté. La collection en garde le jeu, mais y ajoute une inquiétude douce, celle de la métamorphose.

Du cheveu à la créature

Tout commence par une fascination pour l’organique. Les cheveux et la peau, leurs textures et leurs contours, servent de point de départ à une mutation joueuse. Les cheveux prennent des teintes roses, vertes, inattendues. La peau, d’abord reproduite avec une précision presque vivante, devient bleue, se sculpte et se couvre d’écailles.

Le familier glisse peu à peu vers l’étrange, quelque part entre la poupée pop et la créature fantastique. Les créations capillaires comptent parmi les expressions les plus marquantes de la collection. Elles culminent avec le body sculpté qui évoque une peau bleutée, porté par Fluffy Bidulle pour le dernier passage.

Les objets changent d’échelle

Dans ce monde imaginaire, les objets changent de taille et migrent sur le corps. Après les lunettes 3D conçues pour la poitrine, un masque de sommeil vient cette fois habiller le corps. La lingerie dépasse ses fonctions habituelles pour devenir un langage à part entière : la dentelle rencontre des ornements et des poches en forme de culotte, et les chaussures prennent la forme d’un string. Chaque transformation prolonge le même désir de jouer avec le réel, avec humour et sensualité.

Simili cuir, latex et satin composent une garde-robe de surfaces brillantes qui, tour à tour, évoquent la peau. Les matières se répondent dans des silhouettes que le communiqué décrit comme sexy, audacieuses et profondément féminines. Les pièces sont entièrement faites à la main, dans une approche instinctive et artisanale où l’expérimentation guide chaque transformation.

Des vêtements pensés comme des personnages

Lea Waldberg puise dans son expérience de créatrice de costumes de scène. Elle imagine ses vêtements comme des personnages à incarner : la pop star, la poupée et les créatures s’y rejoignent, entre l’extravagance de la performance et la joie enfantine du déguisement.

Avec Pop Mutation, LEAWALD réunit pour la première fois ces explorations dans une seule collection, sans renoncer à la spontanéité dont elles sont nées. Le communiqué y voit une invitation à se transformer, à exagérer et à faire du vêtement un espace de liberté.

Reste une question que le défilé pose sans y répondre : que devient une obsession lorsqu’elle quitte l’atelier et doit tenir sur un podium ? Les photos, signées Sveta Spirit, en donnent un premier indice.

Pour une première collection, le pari est net : ne rien lisser. Les années de recherches sont posées ensemble, avec leurs excès, leur humour et leur sensualité, et la marque dit tenir à préserver la spontanéité dont elles sont nées.

LUXSURE LETTER

Le luxe, sélectionné plutôt que subi.

Recevez notre sélection éditoriale consacrée aux Maisons, aux idées et aux mutations qui façonnent le luxe contemporain.

RECEVOIR LUXSURE LETTER → DÉCOUVRIR LE MAGAZINE →

Related Articles