Un tourbillon volant de 395 composants dans un boîtier de 41 mm et 10,5 mm d’épaisseur — c’est déjà une contrainte formelle que peu de manufactures indépendantes assument sans compromis. Vanguart, atelier genevois fondé en 2021, ajoute désormais la céramique à cette équation, et avec elle une intention déclarée : rendre l’Orb compatible avec un usage quotidien.
La formulation pourrait sembler anodine. Elle ne l’est pas.
Le tourbillon volant — cage suspendue dans le vide, sans pont de fermeture — est, par définition, une prise de position technique. Il existe pour corriger les effets de la gravité sur le balancier, mais dans la haute horlogerie contemporaine, il signifie surtout quelque chose : l’acceptation de la fragilité visible comme marque d’exigence. Dire qu’un tel mécanisme est conçu pour être « porté et vécu au quotidien », selon les mots du CEO Axel Leuenberger, c’est déplacer le curseur de l’objet de collection vers l’outil de vie — un glissement culturellement chargé.
Détail · Le sélecteur de fonctions
Depuis son lancement en 2024, l’Orb est la première montre à tourbillon volant intégrant un sélecteur de remontage dual : manuel ou automatique, au choix du porteur. La bascule s’opère via un poussoir logé dans la couronne, qui agit directement sur la masse oscillante — fixe en mode manuel, elle se libère en mode automatique et entre en rotation. Un anneau PVD à trois guichets sur le barillet (positionné à 12 heures, gravé laser) indique le mode actif : M, A ou H.
Pour les deux nouvelles déclinaisons — Vanguart Orb Pink Ceramic Titanium et Vanguart Orb Blue Ceramic Rose Gold —, c’est l’intégration de la céramique aux flancs du boîtier et au poussoir de couronne qui représente l’enjeu technique central. La céramique est un matériau peu flexible, difficile à courber, peu tolérant aux formes complexes. Vanguart annonce une année de recherche et développement pour adapter le matériau aux volumes de l’Orb, chaque pièce étant reprise à la main pour révéler les anglages. Les éléments de couleur sur les surfaces non céramiques reçoivent un traitement emprunté à l’industrie automobile : micro-peinture haute précision, développée sur plusieurs mois pour reproduire l’effet visuel de la céramique sur des géométries que ce matériau ne saurait suivre.
La platine, les ponts et la cage du tourbillon sont en titane Grade 5, avec une combinaison de finitions microbillées, satinées, polies bloquées et d’anglages à la main. Sur la version rose, un PVD d’intensité supérieure est appliqué avant reprise à la main pour révéler les arêtes en titane nu. Sur la version bleue, le pont de barillet et la cage de tourbillon reçoivent un PVD or qui souligne leur présence dans le mouvement.
La masse oscillante porte un diamant taille brillant — détail qui capte la lumière en mode automatique et matérialise visuellement la différence de régime énergétique. C’est une solution élégante à un problème de lisibilité fonctionnelle.
Les deux déclinaisons sont limitées à 25 pièces chacune. Material Good (New York) distribue en exclusivité mondiale la version titane, avec un monogramme « MG » gravé sur chaque fond de boîte. La version or rose est accessible également chez Ahmed Seddiqi et en direct.
La question que pose Vanguart avec ces deux pièces n’est pas vraiment celle de la couleur. C’est celle du statut de la complication : objet de contemplation ou instrument de présence ? La réponse que propose l’Orb — un tourbillon volant que l’on peut décider de remonter soi-même, chaque matin — est au fond une réponse philosophique autant que mécanique. Ce que Vanguart construit depuis 2021, c’est peut-être une définition du luxe horloger qui fait de l’intimité gestuelle — et non de la rareté seule — son principal argument.




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