Du 25 février au 2 mars, l’Emporio Armani Ristorante accueille le premier pop-up hors New York du restaurant franco-vietnamien ouvert en 1984. Une opération qui dépasse le simple événement gastronomique.
430, Lafayette Street
Indochine occupe depuis quarante ans le même local à l’angle de Lafayette Street et Astor Place, dans le quartier de NoHo à Manhattan. L’adresse n’a jamais changé. Le décor non plus, ou presque : murs vert jungle ornés de motifs de feuilles de bananier, ventilateurs au plafond, lumière tamisée, banquettes en velours. La carte propose une cuisine franco-vietnamienne, héritage de la période coloniale : rouleaux de printemps, bo bun, poulet au curry, bœuf sauté au basilic thaï. Les portions sont généreuses, les prix moyens pour Manhattan.
Ce qui distingue Indochine des centaines de restaurants asiatiques de New York, c’est sa clientèle. Dès son ouverture en 1984, l’établissement est devenu le point de ralliement de la scène artistique du downtown : Andy Warhol y dînait régulièrement, Jean-Michel Basquiat y avait sa table, Keith Haring y dessinait sur les nappes en papier. Madonna, alors chanteuse débutante vivant dans l’East Village, y était une habituée. Les décennies suivantes ont vu défiler Mick Jagger, Robert De Niro, Meryl Streep, Leonardo DiCaprio. La liste fonctionne comme un annuaire de la célébrité américaine des quarante dernières années.
L’attachement Armani
Giorgio Armani fréquente Indochine depuis les années 1980, époque où il développait son implantation américaine. Le créateur, dont le siège reste à Milan, a toujours entretenu un rapport particulier avec New York, ville où sa marque a trouvé une résonance immédiate auprès de la clientèle professionnelle et artistique. Indochine représente exactement le type d’adresse qu’Armani privilégie : discrète dans son apparence, identifiable par sa fréquentation, fidèle à une formule qui ne change pas.
Le pop-up milanais traduit cet attachement personnel en opération commerciale. Du 25 février au 2 mars 2026, pendant la semaine des défilés femme, l’Emporio Armani Ristorante – situé via Manzoni, au cœur du quadrilatère de la mode – reproduira l’atmosphère d’Indochine. Les graphismes muraux aux feuilles de bananier seront installés temporairement, les arrangements floraux rappelleront ceux du restaurant new-yorkais, et la carte proposera une sélection des plats signatures.
Détail pratique L’Emporio Armani Ristorante occupe le premier étage du flagship Armani de la via Manzoni. Le bâtiment abrite également la librairie Armani/Libri et le club Armani/Privé, tous deux impliqués dans l’opération. Le volume commémorant les 40 ans d’Indochine sera disponible à la librairie pendant la durée du pop-up.
L’hospitalité comme extension de marque
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie que Giorgio Armani poursuit depuis trois décennies : faire de la restauration et de l’hôtellerie des prolongements naturels de l’univers de marque. Le groupe compte aujourd’hui des restaurants à Milan, Paris, Dubaï, Tokyo, et des hôtels à Milan et Dubaï. Chacun de ces établissements applique les codes esthétiques Armani – lignes épurées, tons neutres, matériaux nobles – à l’expérience culinaire ou hôtelière.
Le cas Indochine introduit une variante. Il ne s’agit plus de créer un restaurant Armani, mais d’importer un restaurant existant, avec son histoire, sa clientèle symbolique et son décor propre. L’opération reconnaît implicitement qu’Armani ne peut pas tout produire lui-même. Certaines adresses possèdent un capital culturel que la marque préfère emprunter plutôt que reconstituer.
Ce mécanisme rappelle les collaborations que les maisons de luxe multiplient avec des artistes, des designers ou des institutions. Plutôt que de diluer l’identité de marque, l’association avec un tiers prestigieux la renforce par contamination. Indochine apporte à Armani la patine du New York des années 1980, période où la ville incarnait l’avant-garde mondiale. Armani offre à Indochine une vitrine européenne et l’accès à la clientèle de la Fashion Week milanaise.
our six jours, Milan accueillera donc un fragment de Lafayette Street. Les clients de l’Emporio Armani Ristorante mangeront des rouleaux de printemps sous des feuilles de bananier peintes, à quelques centaines de mètres des podiums où défileront les collections femme. L’expérience sera nécessairement différente de l’original : autre lumière, autre acoustique, autre ville. Mais c’est peut-être là l’intérêt. Indochine à Milan n’est pas Indochine à New York. C’est Indochine vu par Armani, c’est-à-dire un souvenir transformé en décor.


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