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L’Odyssée à voile

by pascal iakovou
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Star Clippers révèle quatre nouveaux itinéraires en Grèce pour l’été 2027

Il y a quelque chose de présomptueux à vouloir naviguer dans les traces d’Ulysse. Les dieux de la mer grecque n’ont jamais été tendres avec les voyageurs pressés. Star Clippers, qui propose pour l’été 2027 quatre nouveaux itinéraires à voile à travers les îles grecques à bord du Star Flyer, semble l’avoir compris. Ces croisières ne sont pas conçues pour voir la Grèce — elles sont conçues pour la sentir.

Ce que les grands navires ne peuvent pas atteindre

Le Star Flyer, goélette à quatre-mâts dont les voiles peuvent atteindre plus de 1 600 mètres carrés, n’a pas la forme des paquebots qui déversent leurs milliers de passagers sur les quais de Santorin chaque matin. Il a la forme d’une promesse différente : celle d’arriver dans des baies que les grands navires ne peuvent pas atteindre, de mouiller devant des villages qui ont conservé leur indifférence aux flux touristiques de masse, de regarder le lever du soleil depuis un pont en teck sans que la vue soit masquée par les téléphones d’autres voyageurs.

Les quatre itinéraires annoncés portent des noms qui évoquent davantage la littérature de voyage que les catalogues de tour-opérateurs. « Authentique escapade grecque », « Odyssée des îles grecques », « Joyaux de l’Égée », « Cyclades éternelles ». Ces titres ne sont pas des accidents marketing. Ils indiquent une intention éditoriale — celle de restituer à la Grèce une complexité que le surtourisme tend à aplatir.

Les îles que l’on ne trouve pas dans les guides

Parmi les nouvelles escales, Astypalée mérite qu’on s’y attarde. Surnommée « le papillon de la mer Égée » pour sa forme caractéristique vue du ciel, cette île du Dodécanèse est l’une des destinations les plus secrètes de l’archipel. Ses paysages sont ceux d’une Grèce encore indifférente à son image — chora blanche perchée sur un promontoire, moulins à vent à demi-effondrés, criques que l’on atteint à pied après avoir franchi des collines desséchées par l’été.

Ouranoupoli, porte d’accès au Mont Athos, apporte une dimension presque spirituelle à l’itinéraire : on n’entre pas dans la péninsule monastique — les autorités ecclésiastiques le permettent difficilement — mais on peut en apercevoir les tours depuis la mer, et quelque chose de ce mystère se communique au regard. La Canée, port vénitien de la Crète occidentale, a conservé ses mosquées ottomanes, ses arsenaux vénitiens, ses ruelles dont l’imbrication raconte cinq siècles d’occupations successives sans en trahir aucune. Et Cesme, port turc de la côte égéenne, rappelle que la Méditerranée orientale n’a jamais vraiment eu de frontière naturelle entre la Grèce et l’Anatolie.

La pédagogie du lent

Ce que Star Clippers propose avec ces itinéraires n’est pas un produit de croisière. C’est une pédagogie du lent. La vitesse d’un voilier impose une forme de patience qui n’est pas une contrainte — c’est une discipline. On arrive quand on arrive, selon le vent et la mer. Et cette incertitude, dans un monde où tout est optimisé pour arriver à l’heure, a quelque chose d’étrangement libérateur.

Andros, la plus septentrionale des Cyclades, qui figure également dans ces nouveaux itinéraires, rappelle à ceux qui l’ignorent encore qu’elle abrite l’un des meilleurs musées d’art contemporain de toute la Grèce. Un détail qui résume assez bien ce que Star Clippers cherche à vendre : non pas une destination, mais une façon d’être quelque part.

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