Home Beauté et parfumsPaul & Joe Beauté compose l’été en pigments clairs et gestes nomades

Paul & Joe Beauté compose l’été en pigments clairs et gestes nomades

by pascal iakovou
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Il y a, chez Maison Paul & Joe Beauté, une manière très reconnaissable d’aborder le maquillage : moins par la correction que par l’ornement. Pour l’été 2026, la Maison déploie une collection saisonnière en deux temps, disponible à partir du 1er avril puis du 1er mai 2026, où la couleur circule entre paupières nacrées, lèvres transparentes, ongles vernis, poudres de retouche et brume fixante. Le dossier de presse insiste sur la lumière, l’eau, les fruits, les fleurs ; l’intérêt se trouve plutôt dans la grammaire de ces objets, pensés comme des accessoires de sac autant que comme des formules cosmétiques.  

La ligne mode Paul & Joe naît à Paris en 1995 sous l’impulsion de Sophie Mechaly, après un passage chez Azzedine Alaïa et dans l’entreprise textile familiale. Le prénom de ses deux fils, Paul et Joe, donnera son nom à la Maison. Ce détail biographique n’est pas anodin : il explique en partie la place du motif, de l’imprimé et d’une fantaisie contrôlée dans l’univers de la Maison. Le site officiel rappelle cette origine textile, tandis que l’espace beauté de Paul & Joe décrit une cosmétique marquée par les étuis rechargeables, les motifs exclusifs et la présence récurrente de Gipsy et Nounette, les chats de Sophie Mechaly.  

La collection Été 2026 poursuit ce vocabulaire. Les ombres à paupières en édition limitée se présentent en trois duos : Buzz Up!, Cocktail d’été et Evening Mode. Rouge rubis, or soleil, orange melon, vert fondu, rose doux, or champagne : la palette reste lisible, presque décorative, mais les nacres — rouge, or, blanc, marron, vert — donnent au regard une dimension de surface plutôt qu’un effet de transformation. La formule associe acide hyaluronique, eau de fleur d’oranger, huile de noyau de pêche, huile de jojoba et extrait de lys de madone. Le maquillage devient ici une petite architecture hydratante, conçue pour déposer un voile modulable plus qu’une couleur opaque.  

Le rouge à lèvres glossy suit la même logique de transparence. Les trois teintes — Cerise Fondante, Rosie Wink et Peach Jelly — colorent légèrement les lèvres dans une formule intégrant acide hyaluronique, miel d’orange, extraits de pamplemousse et de cassis, eau de fleur d’oranger, extrait de lys de madone et huile de jojoba. La brillance n’est pas traitée comme un effet de soirée, mais comme une manière d’alléger le visage en plein jour. Dans un marché beauté saturé de promesses de performance, cette discrétion visuelle a quelque chose de plus juste : la lèvre reste mobile, le teint respire, l’été n’est pas grimé.

Les vernis à ongles, eux, ramènent l’objet beauté vers le vestiaire. Brise Bleu, Kiwi Yogurt, Douche ensoleillée et Floating Hibiscus composent une gamme courte, presque textile, entre bleu franc, vert acide, jaune solaire et rose soutenu. Le dossier mentionne une formule contenant jusqu’à 84 % d’ingrédients d’origine naturelle, selon l’indice ISO 16128. Cette norme, utilisée dans le secteur cosmétique, fournit un cadre de calcul pour les indices naturel, d’origine naturelle, biologique et d’origine biologique des ingrédients et des formules ; elle ne doit donc pas être lue comme une certification globale, mais comme une méthode d’évaluation.    

La seconde partie de la collection, prévue en mai, répond à un autre usage : celui du maquillage soumis à la chaleur, à la transpiration, à l’air climatisé, aux déplacements. La brume fixante maquillage est bi-phasée, à agiter avant application, et s’utilise comme étape finale à environ quinze centimètres du visage. Sa formule associe acide hyaluronique hydrolysé, acide hyaluronique acétylé, extrait de myrte rose, eau de fleur d’oranger, extrait de lys de Madone et huile de jojoba. Plus qu’un simple geste de finition, elle dit quelque chose du maquillage contemporain : il doit tenir, mais sans figer ; accompagner la peau, non la contraindre.  

La poudre libre longue-tenue et la poudre visage protectrice prolongent cette idée du geste nomade. La première mise sur des poudres absorbantes et anti-sébum, associées à une résistance à l’eau et à la transpiration, avec extrait de carambole, eau de fleur d’oranger, extrait de lys de Madone et huile de jojoba. La seconde, compacte et anti-UV, s’accompagne d’une pochette où Gipsy et Nounette apparaissent entre Château de Versailles et Place Vendôme. Le détail pourrait sembler léger ; il raconte pourtant le territoire précis de Paul & Joe Beauté : Paris comme décor mental, le chat comme emblème intime, le maquillage comme objet que l’on sort de son sac avec un léger sourire.

La collection Été 2026 ne cherche pas à imposer une silhouette beauté unique. Elle propose plutôt une série de micro-gestes : nacrer une paupière, rafraîchir un teint, corriger une brillance, vernir une main, déposer sur les lèvres une couleur à peine sucrée. Chez Paul & Joe Beauté, le maquillage conserve cette qualité devenue rare : il ne dramatise pas le visage, il l’accompagne dans une saison.

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