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Post Archive Faction : L’errance codifiée

by pascal iakovou
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À Paris, Dongjoon Lim ne défile pas, il dérive. Avec sa collection Automne-Hiver 2026 intitulée « Drifter », le fondateur de Post Archive Faction (PAF) transforme l’absence de racines en une esthétique de la transition, posant l’hypothèse que le sportswear technique d’aujourd’hui est le tailleur de demain.

Une architecture du mouvement

Dongjoon Lim aborde cette saison avec une confession rare dans l’industrie : celle de ne pas avoir de « maison » ni de « racines ». Loin d’être un aveu de faiblesse, cette déclaration devient le moteur de la collection. Pour Lim, l’errance n’est pas une perte de repères, mais un état de flux constant qui permet de naviguer entre le passé et le futur.

Cette philosophie s’incarne dans une approche structurelle du vêtement. Né en 1992 à Séoul et formé au design industriel, Lim applique des formules de déconstruction et de réassemblage qui défient les conventions du prêt-à-porter. La collection « Drifter » explore cette zone grise où les archives évoluent pour laisser émerger de nouveaux classiques.

La tension acoustique

L’atmosphère du défilé repose sur une dissonance maîtrisée. Alors que PAF est reconnu pour son esthétique radicale et technique, Lim convoque la musique classique, un genre qu’il associe pourtant à une discipline punitive durant son enfance.

Note de contexte Le pianiste Guillaume Coppola accompagne la présentation. Ce choix n’est pas anodin : Lim avoue qu’à treize ans, l’apprentissage du piano était synonyme de châtiment corporel s’il échouait à mémoriser ses partitions.

En réintroduisant ces sonorités, le créateur crée une tension entre la rigueur traumatique du classique et la fluidité de ses silhouettes. Il note que cette juxtaposition improbable entre « beauté et ennui » finit par faire sens.

Vers un « Nouveau Classique »

La thèse de Dongjoon Lim pour l’hiver 2026 est historique : « L’histoire du vêtement est l’histoire de l’évolution du sportswear ». Il rappelle que ce que nous considérons aujourd’hui comme classique était, à l’origine, du vêtement fonctionnel.

PAF se positionne ainsi non comme une marque de mode éphémère, mais comme un laboratoire d’archives en devenir. Le concept de « Post-Archive » suggère une boucle temporelle où la création actuelle deviendra l’archive de demain, dérivant sans fin à travers le temps. Cette vision, soutenue par une direction artistique lumière signée Thierry Dreyfus et un styling de Charlotte Collet, ancre la marque sud-coréenne comme une présence intellectuelle distincte dans le calendrier parisien.

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