Pour l’hiver deux mille vingt-six, Patou propose une collection pensée comme un dispositif collectif. Les silhouettes existent seules, mais prennent sens par agrégation : une logique de chœur où la couleur, la matière et le volume composent une harmonie mobile.
Les notes de défilé ne parle pas de « thème » mais de dialogue. Il faut l’entendre au sens structurel. Chaque tenue est conçue comme une unité autonome — coupe, matière, motif — capable de s’additionner aux autres sans hiérarchie. Il n’y a pas de distinction formelle entre jour et soir : les vêtements circulent, se déplacent d’un contexte à l’autre. Cette continuité impose des choix concrets de construction : robes qui acceptent la superposition, pièces qui fonctionnent sans dépendre d’un moment précis.
La couleur joue ici un rôle d’ossature. Les combinaisons ne cherchent pas l’accord sage mais l’équilibre par tension. Les teintes, inspirées de pigments et de vitraux, sont utilisées pour leur capacité à réfléchir et diffracter la lumière. Ce n’est pas une palette décorative : la couleur structure la silhouette, souligne un volume, découpe un plan. Les blocs chromatiques deviennent des éléments d’architecture vestimentaire.
Les volumes suivent cette logique évolutive. Ils ne sont ni figés ni spectaculaires. Les silhouettes se transforment par couches, par ajouts, par glissements de longueurs. L’impression d’ensemble est celle d’un mouvement continu plutôt que d’une succession de looks arrêtés. Le défilé est décrit comme une procession — terme qui implique rythme et répétition plus que climax.
Les imprimés puisent dans un répertoire médiéval, non pour la citation, mais pour la densité graphique. Les motifs apportent une lecture seconde à la surface du vêtement, tandis que les ornements — broderies tridimensionnelles, perlage — ajoutent de l’épaisseur réelle. Là encore, l’adjectif est à traduire : ces techniques introduisent du relief, du poids, une présence physique qui modifie le tombé et la manière dont la pièce se tient.
Le travail de matières repose sur le contraste. Cotons nets associés à des dentelles, sneakers en velours portées avec des robes en guipure : ces juxtapositions ne relèvent pas du clin d’œil mais d’une mise à l’épreuve des usages. Chaque association teste la compatibilité de registres habituellement séparés, sans chercher à les fondre.
Les accessoires prolongent cette approche collective. Inspirés par les instruments et le son, ils ajoutent une dimension rythmique au vestiaire. Leur rôle n’est pas de signer une tenue mais de la compléter, comme une note supplémentaire dans une partition déjà écrite.
FW26 chez Patou ne repose pas sur une pièce manifeste. Elle s’affirme par accumulation maîtrisée. Une collection qui privilégie la composition à l’icône, et rappelle qu’un vestiaire peut encore se penser comme un ensemble cohérent, traversé par des voix multiples mais accordées.











































