Home ModeAlexis Mabille : Le Geste augmenté et l’émotion modélisée

Alexis Mabille : Le Geste augmenté et l’émotion modélisée

by pascal iakovou
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Au Théâtre du Lido, la Maison Alexis Mabille a dévoilé une collection Haute Couture où l’intelligence technologique se met au service du savoir-faire traditionnel pour explorer de nouveaux territoires créatifs.

« La Haute Couture naît de l’esprit et de la main », affirme Alexis Mabille. Pour cette saison Printemps-Été 2026, le créateur a collaboré avec une équipe de spécialistes pour intégrer l’innovation numérique au cœur de son processus. Chaque silhouette, d’abord esquissée par l’intuition du couturier, a été modélisée pour trouver son équilibre volumétrique, reproduisant virtuellement le travail minutieux de l’atelier où la main façonne habituellement la matière.

Cette démarche n’est pas une substitution, mais une extension du geste. En utilisant des outils de création digitale, la Maison cherche à préserver la sensibilité et la précision qui transforment le vêtement en émotion.

La Rigueur du Geste : Une grammaire de textures et de perles

Malgré l’incursion du virtuel, la matérialité de la collection reste d’une exigence absolue, jouant sur des contrastes de matités et de brillances.

  • Le travail du grain : Le crêpe mousse, matière fétiche du créateur, structure de nombreuses pièces comme le smoking de redingote rouge ou le fourreau fuchsia au plastron smoking bordé de satin.
  • L’ornementation millimétrée : La précision se manifeste par l’usage intensif de micro-perles de verre, brodées sur des cols châles ou appliquées en rayures sur des robes en crêpe rose indien.
  • La fluidité structurée : Le radzimir émeraude drapé en pointe s’associe à la dentelle de Lyon, tandis que l’organza blanc est travaillé en « plissé diamant » effrangé pour créer des effets de cascade.

Détail technique : L’arabesque et le cristal La silhouette n°16 illustre cette complexité : un catsuit bustier en crêpe bleu paon rebrodé d’arabesques d’or, porté sous un manteau drapé en mousseline assortie. Plus loin, le cristal intervient comme un élément architectural, ornant une goutte au dos d’un spencer-smoking ou dessinant des « fontaines » sur un fourreau de crêpe.

Soft Power : Vingt ans de rayonnement et de clones virtuels

Cette collection célèbre également les vingt ans de création de la Maison en mettant en scène les personnalités qui l’incarnent. Le show a proposé une expérience immersive singulière : Diana Gartner jouant avec son propre clone virtuel et Mireille Mabille, mère du créateur, « top-modélisée » pour le final.

En utilisant la technologie pour démultiplier ou sublimer l’humain, Alexis Mabille affirme que « la créativité, c’est l’intelligence qui s’amuse ». Cette approche positionne la Maison non plus seulement comme un conservatoire de techniques anciennes, mais comme un laboratoire contemporain capable de définir les codes esthétiques de demain.

L’expérience « HORS-CHAMPS » suggère que l’avenir de la Haute Couture ne se joue pas contre la technologie, mais dans une fusion intime où l’outil numérique devient une nouvelle aiguille, plus longue, capable de piquer dans le virtuel pour en ramener une beauté tangible.

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