À première vue, on croit voir une miniature posée au centre du temps : un cheval rouge, dressé, presque sculpté, pris dans un instant de bascule. Chez Harry Winston, le Nouvel An chinois n’est pas un prétexte graphique ; c’est un rituel installé depuis 2016, une façon d’entrer dans le calendrier lunaire par l’image, la matière, la pierre. En 2026, l’Année du Cheval devient un garde-temps de 36 mm, en or rose, dans la collection Harry Winston Moments.
Le choix du cheval, septième animal du zodiaque chinois, impose un registre clair : vitesse, endurance, fougue, et cette idée de liberté que la culture chinoise associe volontiers à l’animal. Le dossier rappelle aussi la dimension “porte-bonheur” du sujet — et Harry Winston pousse la logique jusqu’au chiffre : la montre est éditée à huit exemplaires, le huit étant considéré comme particulièrement favorable.
Le cadran est le véritable théâtre. Le cheval y apparaît en motif tridimensionnel, appliqué, laqué à la main d’un rouge vif, avec une crinière travaillée en jaune et orange, et des détails colorés (bleu, jaune, orange) qui évitent l’effet uniforme. À la base, des nuages tourbillonnants sont réalisés en marqueterie de nacre : une technique de découpe et d’incrustation de fragments minuscules, qui donne au ciel une profondeur presque tactile. Sur ce fond, huit diamants taille marquise marquent les heures, sertis sur une arche en nacre rouge formant un fer à cheval ; à 6 heures, un diamant taille émeraude — clin d’œil à une taille chère à Harry Winston — vient signer l’ensemble.
La boîte Moments, apparue en 2024, joue la délicatesse plutôt que la démonstration : or rose 18 carats, 36 mm de diamètre, 9,15 mm d’épaisseur. Deux anneaux d’or sertis de 118 diamants taille brillant encerclent le cadran et s’étirent vers une couronne placée à midi, ornée d’une perle blanche iridescente — symbole annoncé de sagesse et de prospérité.
Sous le décor, un mouvement automatique suisse (calibre HW2010) offre 40 heures de réserve de marche, bat à 21 600 alternances/heure (3 Hz), et intègre un spiral plat en silicium, annoncé plus résistant aux champs magnétiques et à la corrosion. Le fond s’ouvre sur une glace saphir, avec décorations Côtes de Genève circulaires et perlage, réalisées à la main. Le bracelet en cuir d’alligator rouge brillant (origine indiquée : Mississippiensis) se ferme par une boucle ardillon en or rose sertie de 33 diamants ; au total, la pièce annonce 151 diamants taille brillant (env. 2,03 carats), plus 1 émeraude (env. 0,09 carat) et 8 marquises (env. 0,41 carat).
Ce qui frappe, au fond, c’est la manière dont Harry Winston traite le symbolique comme une question d’atelier. La chance n’est pas racontée : elle est sertie, laquée, incrustée. Et le cheval, plutôt qu’un signe, devient un relief — une présence.



