Home ModeFashion WeekCastaneda Printemps-Été 2026 : L’architecture du rêve et la rigueur du tailleur

Castaneda Printemps-Été 2026 : L’architecture du rêve et la rigueur du tailleur

by pascal iakovou
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C’est une exploration de la frontière ténue entre le réel et l’imaginaire que propose la maison Castaneda pour sa collection Printemps-Été 2026. Présentée à Paris le 29 septembre 2025 sous le titre « Arx-Imaginaria », cette saison ne se contente pas de vêtir ; elle postule que l’habit possède le pouvoir performatif de transformer celui qui le porte. Dans une scénographie où l’intérieur d’un château a été entièrement reconstitué en carton recyclé sur un sol boisé, la marque interroge la valeur de nos ambitions : l’illusion de grandeur n’est-elle pas le premier pas vers sa concrétisation?

Le propos vestimentaire s’articule cette saison autour d’une montée en puissance du tailoring, traité ici avec une obsession quasi architecturale. Loin du classicisme figé, la coupe se radicalise par des détails anatomiques précis : des coudes pointus, des ourlets arqués et des poches passepoilées obliques viennent dynamiser la silhouette. Cette structure apparente repose sur une recherche technique invisible mais fondamentale : l’intégration méthodique de crin de cheval pour armer les pièces et leur conférer une tenue sculpturale.

La matière joue également un rôle central dans cette narration volumétrique. L’équipe créative a mis au point l’utilisation d’un néoprène singulier, intégrant une épaisse couche de mousse entre ses fibres centrales. Cette innovation permet d’ajouter une densité et des éléments décoratifs en 3D sans alourdir la structure du vêtement. Dans un jeu de contrastes typique de la maison, ce matériau technique est par endroits recouvert de dentelle Leavers, détournant ce textile précieux pour lui offrir un tombé plus rigide, presque armuré.

La palette chromatique, sobre et minérale, navigue entre les bleus marines, les bruns et des nuances de verts, ponctués de touches de rouge et de bleu ciel. L’esprit fantasque de Castaneda, fidèle à son ADN, s’exprime finalement dans les accessoires. La chapellerie s’orne de cornes de bélier torsadées ou prend la forme inattendue d’un « Chihuahua Dragon » sur une casquette gavroche, rappelant que l’élégance, chez Castaneda, ne se départit jamais d’une certaine ironie ludique.

Sur une bande sonore empruntant les variations de la Sarabande du Barry Lyndon de Kubrick, les mannequins, aspergés de véritables pétales de roses par des chevaliers en carton, ont incarné cette vision : celle d’une noblesse auto-proclamée, où le vêtement est l’armure qui permet d’affronter, et peut-être de changer, la réalité.

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