Il règne au sein de la Maison Natan une discipline particulière, celle qui consiste à ne jamais sacrifier la structure au profit de la facilité. Pour le Printemps-Été 2026, Edouard Vermeulen réaffirme cette grammaire stylistique où le vêtement n’est pas une simple parure, mais une construction architecturale pensée pour le mouvement. Loin des effets de manche éphémères, cette collection Prêt-à-Porter s’ancre dans une recherche de pérennité, explorant la tension féconde entre la rigueur de la coupe et la légèreté des matières estivales.
La silhouette de cette saison se dessine par une maîtrise des volumes qui est la signature du couturier belge. On observe un jeu de proportions audacieux où les tailles, souvent marquées, contrastent avec des ampleurs maîtrisées au niveau des épaules ou des jupes. Ce n’est pas un volume qui alourdit, mais qui « suspend » le tissu, créant une distance respectueuse entre le corps et l’étoffe. L’influence de la Haute Couture, racine indélébile de la Maison, transparaît dans le traitement des manches, sculptées comme des origamis, et dans les drapés savants qui ne doivent rien au hasard. Chaque pli semble avoir été dicté par une logique géométrique autant qu’esthétique, rappelant que chez Natan, l’élégance est avant tout une question de ligne.
La matérialité de la collection confirme cette exigence technique. Les tissus choisis pour 2026 ne se contentent pas d’être fluides ; ils possèdent une « main », une tenue qui permet à la coupe d’exister. On retrouve l’usage de cotons croquants, de lins traités pour conserver leur noblesse, et de soies qui captent la lumière sans brillance excessive. La palette chromatique, quant à elle, s’éloigne des neutres convenus pour embrasser des teintes franches et saturées. Des éclats de couleurs vives — peut-être un clin d’œil à l’optimisme nécessaire d’un été 2026 — viennent dynamiser des bases plus classiques. Ces aplats de couleur fonctionnent comme des marqueurs visuels, soulignant la modernité d’un vestiaire qui refuse la nostalgie.
Ce qui frappe dans cette proposition, c’est la cohérence d’un vestiaire pensé pour une femme active, certes, mais surtout pour une femme qui envisage l’habillement comme une forme de langage non verbal. Les pièces, des robes de jour structurées aux ensembles tailleur revisités, évitent l’écueil du « trop habillé » tout en maintenant un niveau de finition digne des ateliers de Bruxelles. C’est un luxe de l’usage, où le confort n’est pas une option mais une composante invisible de la coupe. Edouard Vermeulen livre ici une vision du « soft power » vestimentaire : une autorité douce, qui s’impose par la justesse du tombé plutôt que par l’ostentation du logo.


























































































































































































