Home ModeL’épure scandinave au miroir de la Rue de Rivoli

L’épure scandinave au miroir de la Rue de Rivoli

by pascal iakovou
0 comments

Dans l’intimité des salons du 204 Rue de Rivoli, là où Alfred Nobel établit autrefois le Club Suédois et Norvégien, Elin Kling et Karl Lindman ont orchestré un retour aux sources qui résonne avec une précision mathématique. Pour l’hiver 2026, la Maison Toteme délaisse le spectacle pour l’étude du mouvement, proposant un vestiaire où la fonction dicte la forme sans jamais sacrifier la densité des matières.

Une géométrie du quotidien

Le propos de cette saison ne réside pas dans l’annonce, mais dans la continuité. Douze ans après sa genèse à New York, la Maison affirme une maturité qui se lit dans la tension des lignes. Les silhouettes, sculpturales, cherchent une stabilité visuelle : des ensembles fluides en laine mérinos côtoient des structures plus athlétiques où le jersey et la laine côtelée apportent une dimension sensorielle au vêtement. Cette saison, le noir et le gris anthracite dominent, seulement ponctués par des éclats de rouge cerise, créant une grammaire chromatique sobre et pérenne.

Le détail technique : L’architecture des accessoires

  • Le sac Mercer : Une construction en cuir dont les lignes font écho à la structure technique d’un blouson perfecto.
  • T-Lock : Déclinaison de la pièce emblématique de la Maison, privilégiant un fermoir fonctionnel et une versatilité d’usage.
  • Chaussures : Travail sur la « seconde peau » pour les ballerines et précision du porté sur les slingbacks.

La clarté du retrait

« Vivre à Stockholm nous apporte la concentration nécessaire, » souligne Elin Kling. « Être en retrait de l’agitation constante de la scène mode permet de prendre des décisions avec la tête froide ». Cette distance géographique se traduit par une rigueur dans le choix des matériaux, où le cachemire double le cuir grainé, offrant une réponse tangible aux exigences climatiques et esthétiques du nord de l’Europe [cite : Documents sources]. En s’installant durablement à Paris, notamment avec son adresse au 27 Rue du Faubourg Saint-Honoré, Toteme ne cherche pas à s’adapter aux codes locaux, mais à importer sa propre définition de la permanence.

Le vêtement est ici pensé comme un outil de vie, une extension de soi qui gagne en pertinence à mesure qu’il est porté, s’éloignant du concept de mode pour rejoindre celui d’objet de transmission.

Related Articles