Home VoyagesGéographie de l’invisible : Le Costa Rica redessine la carte du voyage durable

Géographie de l’invisible : Le Costa Rica redessine la carte du voyage durable

by pascal iakovou
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La récente mention de certaines régions costariciennes dans le classement des destinations sous-estimées de Time Out marque un tournant dans la perception de ce territoire centraméricain. Au-delà des circuits établis que forment Tortuguero, le volcan Arenal ou le Corcovado, le Costa Rica orchestre une redistribution stratégique de ses flux touristiques vers des zones de biodiversité confidentielles. Cette démarche, portée par l’Institut Costaricien du Tourisme (ICT), dépasse la simple promotion territoriale pour s’inscrire dans une logique de conservation active : soulager les sites emblématiques en valorisant des écosystèmes périphériques tout aussi complexes.

Cette volonté de décentralisation met en lumière des architectures géologiques et végétales souvent ignorées. Dans la province du Guanacaste, le Parc national de Barra Honda rompt avec l’imaginaire tropical classique par son réseau de grottes calcaires et ses reliefs secs, offrant une lecture verticale du paysage. Plus au nord-ouest, le Parc national Santa Rosa protège un écosystème devenu rare en Amérique centrale : la forêt tropicale sèche, qui côtoie ici des savanes et des zones marines où viennent pondre les tortues olivâtres. À l’opposé, sur le versant Caraïbe, le Parc national de Barbilla se présente comme un sanctuaire de densité chlorophyllienne, une forêt pluviale préservée du bruit anthropique et encore peu documentée.

L’expérience du territoire se décline également à travers une temporalité différente, celle des vallées rurales et des reliefs intermédiaires. La vallée d’Orosí, dans la province de Cartago, témoigne d’un patrimoine colonial persistant au milieu des plantations de café, imposant un rythme contemplatif. En altitude, dans la cordillère de Talamanca, San Gerardo de Dota offre l’atmosphère feutrée des forêts nuageuses, habitat privilégié du quetzal resplendissant, contrastant avec la chaleur des plaines volcaniques. Cette cartographie alternative inclut également le Parc international La Amistad, territoire sauvage partagé avec le Panama où subsistent forêts primaires et communautés autochtones , ainsi que le Parc national Piedras Blancas, réponse silencieuse à l’effervescence du Corcovado. En favorisant ces itinéraires, le Costa Rica ne se contente pas de diversifier son offre ; il réaffirme un modèle de tourisme durable où le voyageur participe, par sa présence mesurée, au bien-être des communautés locales et à la pérennité des espaces naturels.

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