Home Horlogerie et JoaillerieChanel Première Galon : L’architecture textile de l’or jaune

Chanel Première Galon : L’architecture textile de l’or jaune

by pascal iakovou
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Il existe dans le vocabulaire stylistique de Chanel une grammaire immuable où le tissu se fait architecture et le bijou se fait vêtement. Avec la nouvelle collection Première Galon, la Maison opère une mutation sémantique intéressante : transmuer la souplesse d’une passementerie textile en la rigidité pérenne de l’or 18 carats. Ce n’est plus seulement une montre, mais une réinterprétation du galon de couture, cet élément fonctionnel et esthétique que Gabrielle Chanel apposait sur ses tailleurs pour en souligner la structure et en plomber le tombé.

L’objet s’inscrit dans une filiation claire. Lancée en 1987, la montre Première marquait l’entrée de la Maison dans l’horlogerie avec une volonté d’émancipation des codes masculins, empruntant sa géométrie octogonale au bouchon du parfum N°5. Si le modèle originel jouait sur la fluidité d’une chaîne entrelacée de cuir, cette itération 2025 fige le mouvement dans un bracelet jonc rigide. Le métal précieux est travaillé pour imiter la texture torsadée, tricotée ou tissée du galon, créant une tension tactile entre l’aspect fibreux du motif et la froideur lisse de l’or jaune.

La rigueur du geste se lit dans l’épure du cadran. Laqué de noir profond, il est exempt de tout index ou chiffre, imposant une lecture du temps qui ne se soucie pas de la seconde, mais de l’allure. Cette surface sombre contraste graphiquement avec le boîtier en or jaune, rappelant les codes chromatiques binaires chers à la fondatrice. Le mouvement, un quartz de haute précision, s’efface derrière la fonction esthétique de l’objet.

La collection explore également le territoire de la haute joaillerie avec la version « Première Galon Diamants ». Ici, la mimésis textile est poussée à son paroxysme par le sertissage. Le bracelet et le boîtier se couvrent de 682 diamants taille brillant (environ 5,43 carats), transformant le métal en un ruban de lumière. Loin de l’ostentation gratuite, ce pavage sert à souligner le volume de la torsade, prouvant que chez Chanel, l’ornement est toujours au service de la ligne.

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