Nostalgie d’un l’âge d’or de la haute-couture, d’une Ă©poque ou Paris rassemblait les crĂ©ateurs les plus prisĂ©s, ameutĂ©s par le rayonnement de la capitale Ă l’international. Pour ce dernier jour, les marques italiennes ont dĂ©montrĂ© que le luxe, le « sur-luxe » n’avait pas dit son dernier mot. Une opulence revendiquĂ©e et affirmĂ©e qui peu paraĂ®tre en contradiction avec la situation Ă©conomique actuelle. Mais après tout, le luxe et l’un des secteurs les plus rentables du marchĂ© français. Pas de retenu pour affronter l’hiver : place Ă la fabrique des rĂŞves ou les matières nobles se rĂ©animent grâce aux innovations techniques de savant fou. Fou de la mode et des possibilitĂ©s crĂ©atives que ce milieu permet encore.
« La haute couture exprime une notion sacrée destinée à être perçue comme quelque chose qui dépasse la réalité »-Pierpaolo Piccoli, directeur artistique de Valentino.
Invitation Ă la corruption chez Fendi et Valentino
Une invitation Ă un luxe assumĂ© de A Ă Z. Près de l’avenue  Montaigne, sur du Debussy, les manteaux en astrakhan, incrustĂ©s de fleurs en renard bleu Klein; les visons et les robes cocktails se succèdent.  Une collection qui couronne le savoir-faire unique de Lagerfeld : maĂ®tre de la fourrure. Une habilitĂ© qui ne doit pas ĂŞtre au goĂ»t de PETA ou des pro- vegan . Choquant pour beaucoup : pourtant l’innovation de Lagerfeld ne peut ĂŞtre contestĂ©e. Il permet de maintenir tout un savoir-faire artisanal sur la fourrure et fait travailler des petites-mains qui , chaque saison, doivent faire face Ă de nouveaux dĂ©fis.

Un public conquit : Karl est rappelĂ© trois fois. Très applaudi Ă©galement : les 7 pĂŞches capitaux de Pierpaolo Piccoli chez Valentino. Robe en mousseline de soie et broderies qui reprĂ©sentent  le jardin des dĂ©lices : une invitation Ă l’illicite, aux plaisirs coupables.


Yuima Nakazato: démocratiser le rêve.
La haute-couture: rĂ©servĂ©e Ă une Ă©lite. Les autres n’ont qu’Ă Â regarder des choses qu’ils ne possĂ©deront jamais. Si bien qu’a force, enfermĂ© derrière des vitrines, beaucoup s’en sont dĂ©tournĂ©s pour des rĂŞves plus accessibles. Pourtant l’essence du rĂŞve ne rĂ©side t-elle pas dans ce mouvement entre accessible et incessible.
Pour rĂ©inscrire la haute-couture au programme des fantasmes populaire, le crĂ©ateur japonais Yuima Nakazato invite Ă la crĂ©ation « d’un monde dans lequel tout le monde pourra avoir des vĂŞtements sur-mesure ». « Membre invité » pour la deuxième fois Ă la semaine de la haute couture, le crĂ©ateur rĂ©alise ses collections Ă partir d’une technique unique qui combine dessin et impression 3-D.

John Galliano : la dignité retrouvée
Une collection  qui couronne Galliano comme l’un des meilleurs  successeurs de Monsieur Dior. De surdouĂ© de la mode, Ă enfant sauvage Ă la une des polĂ©miques, Galliano est passĂ© par tous les noms. « Fini » . Alors que Renzo Rosso, dont le groupe contrĂ´le la Maison Margiela annonce que les affaires n’ont jamais Ă©tĂ© aussi bonne, le monde de la mode a assistĂ© Ă un dĂ©filĂ© ou Galliano a impressionnĂ© par sa capacitĂ© Ă produire des images d’une grande beautĂ©. Au loin les  trenchs apparaissent comme des sculptures de carton. Peu Ă peu le  mannequin avance : la fluiditĂ© et le travail des matières s’offrent au regard, pour rompre avec la rigiditĂ©. Un jeu avec le regard du spectateur qui font de Galliano un artiste: un impressionniste qui comme monsieur Dior travaille les proportions du corps des femmes.
 

Jardin des plaisirs, jardin des dĂ©lices : la haute-couture et l’Ă©den d’une mode qui se lit sur le mode de l’art. Un art qui suspend l’imagerie rĂ©aliste-naturaliste, parfois misĂ©rabiliste . Fille de des innovations techniques et du savoir artisanal : ce n’est pas un art, mais de la magie qui nous  fait voyager entre les tableaux impressionnistes, les nymphes , les garçonnes de l’après-guerre, le glamour des annĂ©es 50 ou l’irrĂ©vĂ©rence des annĂ©es 80.Â

