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Haute-Couture FW17/18 Jour 4 : Néo-Opulence

Nostalgie d’un l’âge d’or de la haute-couture, d’une époque ou Paris rassemblait les créateurs les plus prisés, ameutés par le rayonnement de la capitale à l’international. Pour ce dernier jour, les marques italiennes ont démontré que le luxe, le « sur-luxe » n’avait pas dit son dernier mot. Une opulence revendiquée et affirmée qui peu paraître en contradiction avec la situation économique actuelle. Mais après tout, le luxe et l’un des secteurs les plus rentables du marché français. Pas de retenu pour affronter l’hiver : place à la fabrique des rêves ou les matières nobles se réaniment grâce aux innovations techniques de savant fou. Fou de la mode et des possibilités créatives que ce milieu permet encore.

« La haute couture exprime une notion sacrée destinée à être perçue comme quelque chose qui dépasse la réalité »-Pierpaolo Piccoli, directeur artistique de Valentino.


Invitation à la corruption chez Fendi et Valentino

Une invitation à un luxe assumé de A à Z. Près de l’avenue  Montaigne, sur du Debussy, les manteaux en astrakhan, incrustés de fleurs en renard bleu Klein; les visons et les robes cocktails se succèdent.  Une collection qui couronne le savoir-faire unique de Lagerfeld : maître de la fourrure. Une habilité qui ne doit pas être au goût de PETA ou des pro- vegan . Choquant pour beaucoup : pourtant l’innovation de Lagerfeld ne peut être contestée. Il permet de maintenir tout un savoir-faire artisanal sur la fourrure et fait travailler des petites-mains qui , chaque saison, doivent faire face à de nouveaux défis.

Un public conquit : Karl est rappelé trois fois. Très applaudi également : les 7 pêches capitaux de Pierpaolo Piccoli chez Valentino. Robe en mousseline de soie et broderies qui représentent  le jardin des délices : une invitation à l’illicite, aux plaisirs coupables.

 

Yuima Nakazato: démocratiser le rêve.

La haute-couture: réservée à une élite. Les autres n’ont qu’à regarder des choses qu’ils ne posséderont jamais. Si bien qu’a force, enfermé derrière des vitrines, beaucoup s’en sont détournés pour des rêves plus accessibles. Pourtant l’essence du rêve ne réside t-elle pas dans ce mouvement entre accessible et incessible.

Pour réinscrire la haute-couture au programme des fantasmes populaire, le créateur japonais Yuima Nakazato invite à la création « d’un monde dans lequel tout le monde pourra avoir des vêtements sur-mesure ». « Membre invité » pour la deuxième fois à la semaine de la haute couture, le créateur réalise ses collections à partir d’une technique unique qui combine dessin et impression 3-D.

 

John Galliano : la dignité retrouvée

Une collection  qui couronne Galliano comme l’un des meilleurs  successeurs de Monsieur Dior. De surdoué de la mode, à enfant sauvage à la une des polémiques, Galliano est passé par tous les noms. « Fini » . Alors que Renzo Rosso, dont le groupe contrôle la Maison Margiela annonce que les affaires n’ont jamais été aussi bonne, le monde de la mode a assisté à un défilé ou Galliano a impressionné par sa capacité à produire des images d’une grande beauté. Au loin les  trenchs apparaissent comme des sculptures de carton. Peu à peu le  mannequin avance : la fluidité et le travail des matières s’offrent au regard, pour rompre avec la rigidité. Un jeu avec le regard du spectateur qui font de Galliano un artiste: un impressionniste qui comme monsieur Dior travaille les proportions du corps des femmes.

 

 

Jardin des plaisirs, jardin des délices : la haute-couture et l’éden d’une mode qui se lit sur le mode de l’art. Un art qui suspend l’imagerie réaliste-naturaliste, parfois misérabiliste . Fille de des innovations techniques et du savoir artisanal : ce n’est pas un art, mais de la magie qui nous  fait voyager entre les tableaux impressionnistes, les nymphes , les garçonnes de l’après-guerre, le glamour des années 50 ou l’irrévérence des années 80.