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J’aime regarder les filles de Frédéric Louf

by Elisa Palmer
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Film français de Frédéric Louf avec Pierre Niney, Audrey Bastien, Lou de Laâge, Michel Vuillermoz, Ali Marhyar. (1 h 32.)


J’aime regarder les filles de Frédéric Louf – Bande Annonce

C’tait trop… pourri…


Non, c’tait trop bien !


Toi, ça s’voit, t’as jamais été amoureuse.


(Propos entendus à la sortie du film, jeudi soir)


Alors moi non plus…


Le film s’ouvre sur un jeune homme, essayant – mais en vain – de recoller la semelle d’une de ses chaussures. Le cadre ? Une chambrette de bonne, sans doute 9 m² au 7e étage d’un immeuble de Paris, au fin fond du 18e. Nous sommes à la toute veille de la grande élection présidentielle française de 1981, opposant Valéry Giscard d’Estaing et François Mitterrand. Dans l’air du temps ? C’est une gauche française qui – débarrassée de ses archaïsmes – est bien décidée à accéder aux responsabilités gouvernementales.

Primo, de son prénom, rentre pour le week-end chez lui en province, où il essuie les remarques habituelles des siens parce qu’il a fait LE choix de repasser son BAC au lieu de mettre la main à la pâte comme toute sa petite famille de fleuristes. Quand son père le boude ou – option B – lui file quelques taloches, sa mère continue de le protéger en lui glissant quelques billets sous le manteau. Pourtant, l’un et l’autre ne sont plus dupes, et savent très bien que leur fils, qu’ils croyaient originellement prodige, n’a pas inventé le fil à couper le beurre.


Après une dispute de plus avec son père, Primo décide de rentrer à Paris aussi vite qu’il n’est venu. Et c’est en errant du côté de la rive droite, qu’il finit par s’incruster dans une soirée « je suis jeune et j’habite les beaux quartiers ». En quelques minutes, il y tombe fou amoureux de Gabrielle. Celle qui ne l’invite pas à monter chez elle le premier soir et se justifie par un : « T’as quand même pas envie de te taper une fille facile ? ». Salope, elle l’est quand même pas mal.

Comme Primo pense haut et fort que « de père en fils, il n’est rien », il commence à s’inventer des origines, à raconter des histoires, afin de s’introniser dans cette bande de « fils de… » et de séduire Gabrielle qui ne quitte déjà plus ses pensées. Mais Gabri/elle superfici/elle n’a que faire de pauvres individus, et Primo souffre de cette mise à l’écart. C’est ici qu’intervient le personnage de Delphine, meilleure amie de Gabrielle, qui depuis le début voit très clair dans le jeu de Primo, et est complêtement conquise par la pauvre bête. N’y voyez pas là de clin d’oeil.

Résultat : Le film se déploie à travers le tissage des premières histoires de cœur et de ses choses folles que seule la jeunesse autorise, du poids des attentes familiales et des claques qu’elle nous met parfois en pleine gueule, de l’amitié nouvelle avec le voisin Malik d’à côté, des questions d’argent qui délimitent des formes d’existence… Le tout dans un contexte historique et politique qui marque les prémices du monde contemporain. On voudrait pourtant y croire, mais tout sonne un peu faux et maladroit. Le jeu des acteurs est inégal, et ceux qui nous emmènent (Pierre Niney dans le rôle principal, par exemple) sont rattrapés par ceux qui nous rappellent la banalité d’un film. La généreuse spontanéité qu’on attendait dans ce contexte, et à cet âge-là, est contrecarrée par une série de clichés trop dissuasifs qui mettent à mal ce premier long métrage.

Elisa Palmer

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5 comments

Amandine 23 juillet 2011 - 18 h 38 min

Dissuasif et bien écrit…

Solène 26 juillet 2011 - 22 h 34 min

Moi, je trouve le film tout en subtilité…

Robert 26 juillet 2011 - 22 h 35 min

Comme la plus part des films français… Terriblement plat.
Bof bof bof.

Florent 26 juillet 2011 - 22 h 36 min

C’est vrai, t’as jamais été amoureuse ?

Claire 26 juillet 2011 - 22 h 37 min

J’ai quand même envie d’aller jeter un coup d’oeil…

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