Home Art de vivreCultureRaasta, piment de la mode madrilène

Raasta, piment de la mode madrilène

by pascal iakovou
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Raasta. Collection printemps/été 2010

En 2001, la crĂ©atrice Kavita Parmar,  qui revient de son Inde natale, des tissus et des idĂ©es plein la tĂŞte, crĂ©e Raasta (le chemin en hindi). Raasta n’est pas juste une marque de plus sur le marchĂ© de la mode, c’est surtout une philosophie de vie. ColorĂ©es, gaies, diffĂ©rentes de ce que l’on trouve gĂ©nĂ©ralement dans les boutiques madrilènes, les collections font sensation. Kavita continue sur sa (bonne) lancĂ©e en proposant, dès 2005, une ligne plus habillĂ©e et principalement constituĂ©e de robes : Suzie Wong. L’annĂ©e 2009 est celle de l’ouverture, Ă  Madrid, de « Raasta the Seed », première boutique de la marque avec, en bonus, studio de crĂ©ation et showroom juste au-dessus. C’est Ă©galement le lancement de Raasta Moustache, une ligne masculine.
Une aventure qui a sans aucun doute encore de beaux jours devant elle.

Rencontre avec Marina Casal, styliste, visiblement très heureuse de faire partie de l’Ă©quipe Raasta.

Marina, pouvez-nous nous présenter les marques Raasta et Suzie Wong ?
Ce sont deux marques très diffĂ©rentes. Raasta est une marque destinĂ©e Ă  un public plus jeune, plus spĂ©cial. Les vĂŞtements sont audacieux. Pour moi, c’est comme un monde magique. On invente une petite histoire, un personnage, et Ă  partir de lĂ , on conçoit toute la collection. C’est comme un micromonde qui change chaque saison. L’atmosphère reste la mĂŞme mais il y a toujours une nouvelle histoire. Chez Raasta, il y a beaucoup plus d’imprimĂ©s. Nous les crĂ©ons nous-mĂŞmes ; ils sont très colorĂ©s. On se concentre beaucoup sur la gamme de couleur; c’est la première chose que l’on choisit, c’est le plus important parce qu’elle est toujours très personnelle. Raasta n’est pas une marque qui vit seule, elle est empreinte de tout ce qui nous plaĂ®t dans le monde en gĂ©nĂ©ral (art, cinĂ©, autres produits);  les collections se nourrissent, au fil de leur conception, de toutes sortes de choses.
Suzie Wong
est une marque beaucoup plus exclusive. Alors que Raasta est comme une histoire qui évolue petit à petit, Suzie Wong est plus définie. Il n’y a quasiment que des robes, chacune étant traitée comme un bijou. Il y a un grand travail de détail, de broderie par exemple et beaucoup de délicatesse, Raasta est davantage traitée comme une collection, un vêtement menant à l’autre. Chez Suzie Wong, les pièces sont conçues de manière individuelle, chacune appartenant à un monde différent. Raasta est destinée à la vie de tous les jours, à toutes sortes de situations, Suzie aux soirées, aux occasions spéciales.

Combien de stylistes ĂŞtes-vous ? Avez-vous tous suivi une formation de mode ?
On est une Ă©quipe de trois stylistes. Nous travaillons en Ă©troite collaboration avec Kavita Parmar, la directrice artistique. Oui, on a Ă©tudiĂ© dans des Ă©coles de mode Ă  Madrid. J’ai Ă©tudiĂ© Ă  l’Institut europĂ©en de Design, Andres et Laura dans une Ă©cole publique.

Comment s’organise la crĂ©ation ? Est-ce que chaque styliste amène ses propres idĂ©es dans le cadre d’un brainstorming ? Ou est-ce que Kavita Parmar impulse un angle d’inspiration que chacun nourrit ensuite de façon personnelle ?
La directrice artistique lance des idĂ©es, des thèmes, vient avec le livre d’un peintre, des tissus ou nous parle d’un film qui l’a marquĂ©e. Mais tout le monde contribue, chacun amenant des Ă©lĂ©ments de sa vie personnelle, de ses voyages, de son chez-soi, de ce qu’il voit dans la rue. On fait un brainstorming qui est ensuite sans cesse approfondi, nourri de nouvelles choses. Quand on va voir une exposition, on ramène des cartes postales ou un livre, par exemple. On fait Ă©voluer le thème petit Ă  petit plutĂ´t que de le figer tout de suite.

Une fois l’esprit de la collection choisi, est-ce que chacun se concentre sur une activité spécifique?
Comme on est peu et qu’il y a beaucoup de choses à faire, on s’aide les uns les autres, on travaille beaucoup en équipe. Mais par exemple, pour ma part,  je m’occupe plus des imprimés. Une autre personne se charge plus des formes et des silhouettes. Il y a donc des choses plus spécifiques à chacun mais en général on travaille plutôt ensemble.

Comment créez-vous la cohérence entre les différentes pièces Suzie Wong, conçues indépendamment les unes des autres ?
Chaque vĂŞtement est traitĂ© de manière très diffĂ©rente mais au dĂ©part, nous choisissons quand mĂŞme un thème, ou du moins une gamme de couleurs pour l’ensemble de la collection. Une pièce peut en inspirer une autre mais ensuite, il y a toujours une nouvelle idĂ©e qui amène Ă  autre chose. Raasta est plus linĂ©ale.

Où est basée la production ?
On travaille avec plusieurs usines, dont certaines en Inde. Elles réalisent les broderies main. On passe 2 mois par ans là-bas, un pour chaque collection. On y dessine toutes les broderies, les imprimés et on fait de nombreux essais jusqu’à ce que l’on soit satisfaits. Ensuite on va au Portugal, on choisit les tissus, on fait des essais de couleurs jusqu’à ce que l’on arrive aux teintes qui nous plaisent.

Comment percevez-vous Madrid en termes de mode ? Les gens sont-ils réceptifs à une mode qui sort de l’ordinaire ?
A Madrid, la mode originale est dans la rue.  Très souvent, les marques espagnoles ne prennent pas trop de risques. Elles sont plutôt classiques. Mais le style des gens dans la rue est moderne. Tout le monde à Madrid dit que Raasta semble ne pas être une marque espagnole. Il y a beaucoup de couleurs, les pièces sont très travaillées ; on n’est pas habitué à ça ici. Il y a quelques créateurs plus audacieux mais les gens ne les soutiennent pas, ils n’achètent pas. En Espagne, c’est assez compliqué. Souvent les gens s’intéressent plus à ce qui vient d’ailleurs qu’à ce qu’ils ont à côté de chez eux.

Dans quels autres pays la marque est-elle présente ?
Elle est distribuée dans 19 pays. Aux Etats-Unis, en Irlande, dans le Nord de l’Europe, en Italie, dans les pays arabes, au Japon. Ça marche bien, on continue à grandir petit à petit. C’est aux Etats-Unis que la marque a le plus de succès : à New York, Los Angeles et Chicago notamment.

Qui sont les clients de Raasta et Suzie Wong ?
Celui qui porte des vĂŞtements Raasta, c’est quelqu’un qui ne veut pas rester dans son coin, qui a une mentalitĂ© ouverte, qui n’a pas peur d’essayer des choses nouvelles, mĂŞme si c’est très long, très court ou très large. Suzie Wong n’attire pas un type de femmes en particulier, les clientes sont plutĂ´t des femmes diffĂ©rentes qui cherchent une tenue pour une occasion spĂ©ciale.

Pour finit, pouvez-vous nous dire quelques mots au sujet de la collection printemps/été 2010 de Raasta ?
La collection est inspirée du cirque. Normalement on ne se base pas sur quelque chose d’aussi concret. Mais cette fois, pour l’été on était attiré par quelque chose d’amusant, de gai. On a réuni des livres, des images liées à tous types de cirques, pas à celui qui nous vient automatiquement en tête; des cirques nomades, qui vont de villages en villages dans leur roulotte.

www.raastatheseed.com
www.raasta.com.es

Rasta the Seed
Callejon de Jorge Juan, 12
Madrid

Points de vente en France :
Pearl, 30 rue Gustave Courbet
, 75016 Paris
Bulle de Prune, 5 rue Chavanne, 69001 Lyon

Propos reccueillis par Isabelle Huber
Merci à Raquel Pérez Rousselot

Raasta. Collection printemps/été 2010

Raasta. Collection printemps/été 2010

Raasta. Collection printemps/été 2010

Raasta. Collection printemps/été 2010

Raasta. Collection printemps/été 2010

Raasta. Collection printemps/été 2010

Raasta. Collection printemps/été 2010.

Raasta. Collection printemps/été 2010.

Suzie Wong. Collection printemps/été 2010

Suzie Wong. Collection printemps/été 2010

Suzie Wong. Collection printemps/été 2010

Suzie Wong. Collection printemps/été 2010

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