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L’Automobile au Service du Temps : La Camionnette Louis Vuitton

by pascal iakovou
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Le geste horloger s’empare d’un symbole de la logistique historique de la Maison pour transformer un véhicule de livraison du début du XXe siècle en un objet de mesure du temps complexe, conçu en collaboration avec la manufacture L’Epée 1839.

De l’asphalte à l’établi

Au début du siècle dernier, les camionnettes siglées Louis Vuitton assuraient la liaison physique entre les ateliers d’Asnières et les magasins parisiens, transportant les premières malles de la Maison. Sous l’impulsion de Gaston-Louis Vuitton, ces véhicules incarnaient une adoption pionnière de l’automobile. Aujourd’hui, cet héritage change d’échelle pour devenir un objet horloger de table. Façonnée dans un aluminium choisi pour sa légèreté, la structure adopte les teintes safran et bleu sibyllin. Sur ses flancs, le travail de tampographie reproduit les adresses historiques : le 101 avenue des Champs-Élysées, les ateliers d’Asnières et La Fabrique du Temps à Genève.

Une mécanique de cabine

La lecture de l’heure délaisse les aiguilles traditionnelles pour deux cylindres rotatifs intégrés sous le capot, à l’emplacement habituel du moteur. Le mouvement mécanique, le calibre L’Epée 1839 MV.7417/101, révèle son balancier au cœur de la cabine de pilotage, là où siégerait normalement le conducteur. Cet échappement est rendu visible par quatre parois transparentes formant les vitres et le dôme du véhicule. Composé de 215 composants et de 21 rubis, ce moteur horloger suisse bat à une fréquence de 18 000 oscillations par heure et dispose d’une réserve de marche de huit jours.

Détail Technique * Dimensions : 18 cm de hauteur pour 35,3 cm de longueur. * Poids : 7 kg pour la version aluminium. * Réserve de marche : 192 heures (8 jours) via un remontage manuel.

Le secret du coffre

L’analogie avec l’utilitaire d’origine se loge dans les détails fonctionnels. Dans le coffre du véhicule se trouve une malle miniature en toile Monogram, reproduisant les équerres en laiton et la structure en bois des modèles originaux. À l’intérieur est dissimulée une clé en acier siglée Louis Vuitton. Cet outil, dont la forme évoque les manivelles de démarrage des voitures anciennes, permet d’assurer le réglage de l’heure et le remontage du mouvement. Pour Matthieu Hegi, Directeur Artistique de La Fabrique du Temps Louis Vuitton, cette création « reflète nos capacités uniques d’horlogers, de malletiers et de fabricants d’objets extraordinaires ».

L’exception joaillière

Une déclinaison limitée à quinze pièces explore une voie plus ornementale. Cette version en métal doré substitue la peinture par un guillochage main en motif Damier sur les flancs, un travail exigeant quinze heures de précision par pièce. L’objet se pare de 1 695 diamants taille brillant (41,44 carats) et d’un diamant spécifique « LV Monogram Star-cut » de 0,51 carat positionné sur le capot. Les feux arrière sont ici composés de vingt saphirs orange et rouges en taille baguette. Cette interprétation, pesant 17 kg, est présentée dans une malle trophée sur mesure en toile Monogram.

La Camionnette Louis Vuitton ne se contente pas de figer le passé ; elle déplace la notion de livraison de luxe vers celle d’une expérience purement cinétique et mécanique, où le temps devient le seul passager.

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