Avec sa collection Printemps-Été 2026, la maison bolognaise poursuit l’exploration d’un vestiaire pensé comme armure urbaine. Derrière les acronymes techniques, une philosophie du vêtement-outil héritée de Massimo Osti.
Il y a dans le sportswear italien une tradition que les néophytes confondent souvent avec l’obsession technique. C.P. Company, fondée à Bologne en 1971 par Massimo Osti — graphiste reconverti que l’industrie surnommera « le parrain du sportswear urbain » — n’a jamais vraiment produit de vêtements de sport. Elle fabrique des systèmes.
La Metropolis Series, dont la saison Printemps-Été 2026 marque une nouvelle itération, descend en ligne directe de la gamme Urban Protection lancée en 1999. Le nom dit l’essentiel : il ne s’agit pas de mode, mais de réponse. Réponse au froid, au vent, à l’eau — aux agressions ordinaires de la vie métropolitaine.
L’alliage comme signature
La pièce centrale de cette saison porte un nom qui évoque davantage la métallurgie que la confection : Nano Titanium. Il s’agit d’un tissu argenté, construit à partir de fibres fractionnées mêlant nylon et polyester, recouvertes d’un revêtement protecteur. Deux pièces l’exploitent : une veste à capuche et un gilet dont la capuche se dissimule dans le col — détail fonctionnel caractéristique de la maison.
Le reste de la gamme convoque un lexique désormais familier aux adeptes du vêtement technique : WINDSTOPPER® by GORE-TEX LABS® pour la résistance au vent, Hyst (Hydro Stop Tela) pour l’imperméabilité, Metroshell pour la légèreté structurelle. Chaque matière répond à une contrainte spécifique ; aucune n’est là pour l’argument marketing.
La modularité comme héritage
Parmi les propositions notables, une veste en Pertex® à manches amovibles prolonge cette logique d’adaptation. Les coutures internes sont soudées — procédé industriel emprunté aux équipements de plein air — pour éliminer les points de pénétration de l’eau. Le blazer en Panama japonais, lui, transpose ces codes techniques sur une silhouette plus conventionnelle : construction épurée, coutures soudées, mais coupe tailleur.
C’est peut-être là que réside l’intérêt de cette collection : non dans l’accumulation de technologies, mais dans leur infiltration progressive du vestiaire classique. Le branding — logo caoutchouté ou gravé au laser selon les pièces — reste discret, presque codé.
DÉTAIL
| Nano Titanium : Mélange de fibres fractionnées nylon-polyester. Le revêtement protecteur confère à la surface son aspect métallique argenté et ses propriétés de résistance. Procédé développé pour concilier légèreté et durabilité. |
En 1978, quand Chester Perry devient C.P. Company, Massimo Osti cherchait un nom « plus sobre, plus mature ». Près de cinquante ans plus tard, la maison continue d’explorer cette sobriété fonctionnelle — avec la conviction, peut-être, que le vêtement urbain n’a pas fini de se réinventer.







