Depuis le 19 décembre, la Maison Rosewood occupe une adresse au Jardin Alpin. Cinquante et une chambres pensées par Tristan Auer, une façade en quartzite suisse, un restaurant ski-in/ski-out : l’enseigne entre sur le territoire alpin français avec un vocabulaire contemporain qui s’écarte des codes du chalet traditionnel.
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L’ouverture ne suit pas le calendrier habituel des stations. Mi-décembre, la plupart des établissements courevelois tournent déjà depuis novembre. Rosewood choisit une entrée en scène décalée, à quelques jours des congés de fin d’année, période où Courchevel 1850 concentre une clientèle internationale venue pour les Trois Vallées — 600 kilomètres de pistes reliées.
Le bâtiment s’élève au cœur du Jardin Alpin, secteur prisé pour son accès direct aux pistes. La façade mobilise du quartzite de Vals, pierre extraite en Suisse, associée à du bois et du cuivre. Pas de madriers apparents, pas de balustrades sculptées. L’enveloppe architecturale affiche une sobriété qui contraste avec l’esthétique chalet savoyard encore dominante dans la station.
À l’intérieur, Tristan Auer organise les 51 chambres selon une logique de refuge contemporain. Les appliques murales sont sculptées dans le sel — matériau translucide qui diffuse la lumière sans éclat direct. Cette attention portée aux détails de fabrication se retrouve dans le choix des terrasses, toutes orientées vers les sommets alpins.
Trois appartements signature complètent l’offre : Saulire House et Courchevel House (deux chambres chacun), L’Appartement Jardin Alpin (quatre chambres). Ce dernier porte la signature de Karl Fournier et Olivier Marty, fondateurs du Studio KO. Les espaces intègrent des cheminées en pierre, réinterprétation contemporaine du foyer alpin traditionnel. Capacité d’accueil : de quatre à huit personnes selon la configuration.
Le restaurant SALTO occupe une position stratégique : accessible depuis les pistes, il propose une carte évolutive tout au long de la journée. La Cheffe Gioia Baek y déploie une cuisine aux influences italiennes et alpines. Fondue savoyarde, viandes grillées, plateaux de fruits de mer : l’offre midi affiche les classiques montagnards. Le soir, le registre monte en gamme avec une proposition gastronomique servie dans un cadre plus intimiste. Le SALTO Lounge prolonge l’expérience jusqu’en soirée, autour de cocktails signature et d’une cheminée centrale.
L’Asaya Spa déploie le concept de bien-être développé par Rosewood depuis plusieurs années. Deux marques de soins : Maison EviDenS de Beauté et Sodashi. Le massage Deep Alpine cible les tensions musculaires post-ski. La cérémonie Oxylight 3D Radiance associe gestes manuels et technologie pour uniformiser le teint. Les cours Asaya Movement complètent l’offre par des pratiques corporelles (yoga, Pilates) adaptées à l’altitude.
Pour les familles, un Kids Club orchestre des activités dédiées : rencontres avec des malamutes, construction d’igloos, ateliers adaptés aux jeunes publics. L’équipe de Ski Concierges accompagne les hôtes sur le domaine des Trois Vallées — premiers tracks matinaux, café face au Mont Blanc au lever du jour, constitution d’une garde-robe de ski sur mesure. Les moniteurs proposent également des sorties privées pour accéder aux premières traces de la journée.
Rosewood inscrit cette ouverture dans une stratégie d’expansion européenne amorcée ces dernières années. Après Vienne (2022) et Cannes (2024), Courchevel marque la première implantation alpine du groupe. Le choix de la station n’est pas anodin : Courchevel 1850 concentre une clientèle aisée, majoritairement internationale, et affiche des taux d’occupation élevés de décembre à mars.
Le prix d’entrée — 2 300 euros la nuit en formule bed & breakfast — positionne l’établissement dans le segment ultra-premium de la station, aux côtés du Cheval Blanc, du K2 ou de l’Airelles. Les trois appartements signature se réservent à la semaine, tarifs sur demande.
L’accueil téléphonique est ouvert au 04 20 23 11 11, l’adresse précise est Rue du Jardin Alpin, 73120 Courchevel. Le site rosewoodhotels.com/courchevel centralise les réservations et présente l’ensemble des services disponibles.
Reste à observer comment cette proposition contemporaine sera reçue par une clientèle coureveloise habituée aux codes du luxe alpin traditionnel. La saison hivernale dira si le pari d’un vocabulaire architectural épuré, conjugué à des services ultra-personnalisés, trouve son public dans une station où le chalet savoyard demeure la référence esthétique dominante.






