Un cœur comme un ballon qui s’échappe, retenu par presque rien. Chez Lalique, l’image n’est pas naïve : elle sert à parler d’un phénomène qui ne se laisse pas saisir, l’air, la brise, la sensation qui passe. Souffle d’Amour se présente ainsi, non comme un pendentif “romantique”, mais comme une tentative de rendre tangible l’intangible — un petit objet de cristal qui prétend garder, près du thorax, la trace d’un souffle.
Le projet s’inscrit dans Air de Lalique, Chapitre I. Cette mention de “chapitre” compte : Lalique construit une narration de long terme, presque littéraire, où chaque pièce est un fragment d’atmosphère plutôt qu’une variation décorative. La direction artistique est attribuée à Marc Larminaux et au Studio de Création Lalique, avec une intention claire : transformer une sensation éphémère en un objet durable. C’est une définition juste du luxe contemporain lorsqu’il est bien compris : non pas l’accumulation, mais la stabilisation d’un instant.
Le geste, lui, reste alsacien et très concret. Le pendentif naît “du cristal en fusion”, cueilli puis sculpté par les maîtres-verriers dans les ateliers Lalique. La surface est satinée pour adoucir les contours, puis polie pour accrocher des reflets lumineux. Cette alternance satiné/poli est typiquement Lalique : une manière de faire exister la lumière non comme un éclat, mais comme une peau. On est loin d’un bijou uniquement “brillant” ; on est dans une présence, une densité, un toucher visuel.
La forme réinterprète un motif maison, Amoureuse Beaucoup, mais en le délestant. Le texte insiste sur une “légèreté renouvelée”, et l’objet, minimal dans la ligne, vise cette chose difficile : être riche sans être chargé. Le cœur est là, oui, mais il n’a pas la lourdeur symbolique habituelle. Il flotte. Il se porte comme un talisman contemporain, presque un fragment d’architecture intime.
Deux signatures chromatiques structurent l’ensemble : cristal incolore avec cordon blanc (pureté, lumière), cristal rouge avec cordon rouge (chaleur, déclaration). Le rouge, photographié en page 1, n’est pas une couleur “mode” ; c’est un rouge de matière, sombre aux bords, vivant au centre, comme si le cristal avait gardé sa température. Lalique annonce une disponibilité à partir du 12 janvier 2026, en boutiques, chez les revendeurs dans le monde, et en ligne. Le prix — 170 € avec cordon — place l’objet à un endroit intéressant : celui d’un premier geste Lalique, accessible sans perdre le sérieux de fabrication. Une chaîne peut s’y substituer : argent 52 cm (140 €) ou plaqué or jaune 52 cm (220 €).
Ce qui compte, ici et maintenant, c’est cette obsession nouvelle pour les objets “légers” — ceux qui ne réclament pas l’attention, mais l’accompagnent. Souffle d’Amour ne veut pas raconter une histoire d’amour. Il veut rappeler qu’un bijou peut être une sensation tenue, un air capturé, une émotion rendue portable.




